Pour le président de la République Emmanuel Macron, en déplacement dans la Région Auvergne le 8 décembre 2021, « les agriculteurs devaient aller chercher l’été d’autres saisonniers, bien souvent en dehors de nos territoires », parce que le système de l’assurance chômage permettait « d’aller travailler quatre mois dans les stations de sport d’hiver pour avoir le chômage tout le reste de l’année. » Il défendait ainsi au micro de France Bleu Pays d’Auvergne, la réforme de l’assurance chômage, complètement applicable au 1er décembre 2021.

« Un système devenu hypocrite », selon Emmanuel Macron

Pour lui, cette réforme permettrait de sortir d’un « système qui était devenu hypocrite », soulevant en particulier le cas des saisonniers. « Quand on est saisonnier, on ne peut pas dire On travaille quatre mois par an », a-t-il poursuivi. Avec la nouvelle mouture de l’assurance chômage, « on retrouve des choses qui sont de bon sens », a assuré le chef de l’État à l’occasion d’un déplacement entamé mardi dans le Cher et l’Allier.

Depuis le 1er décembre 2021, la durée minimale de travail pour recharger ses droits à l’allocation chômage est de six mois (sur les 24 derniers mois) pour au moins six mois d’indemnisation. Avant le 1er décembre, il ne fallait que quatre mois (sur les 24 derniers mois) pour recharger des droits pour quatre mois.

Pourtant, pour « avoir le chômage tout le reste de l’année » comme l’évoque Emmanuel Macron, c’est-à-dire pendant huit mois après en avoir travaillé quatre, les saisonniers devaient disposer de droits acquis avant la période travaillée. L’affirmation du président ne concerne donc que les saisonniers qui n’avaient pas épuisé leurs droits au chômage avant d’entamer leur saison.

Une étude d’impact de l’Unédic

Pour Emmanuel Macron, « l’objectif de cette réforme est d’inciter beaucoup plus nos compatriotes au chômage à reprendre le travail. » À l’opposé, les syndicats de salariés ont affiché leur refus de cette réforme depuis son origine.

Selon l’étude d’impact de l’Unédic réalisée en avril, ce passage à six mois conduira au cours de la première année d’application à retarder l’ouverture de droits à 475 000 personnes, notamment des jeunes ou des saisonniers qui multiplient les contrats courts.

Différentes situations de chômage

Le président de la République a aussi expliqué dans cette interview sa vision de l’inadéquation actuelle entre la demande et l’offre de travail. Il a souligné l’existence de « différentes situations » en matière de chômage.

« Des gens tombés dans le chômage récemment, qui ont des formations qui correspondent aux emplois offerts, là c’est une question de mise en relation de l’offre et de la demande avec Pôle Emploi, les missions locales », a-t-il expliqué.

« Ensuite, certains de nos compatriotes sont au chômage parfois depuis plusieurs années et voudraient reprendre dans des activités où il y a des opportunités, mais n’ont pas les formations requises ». Pour le public concerné, « on a investi dans les formations », a relevé Emmanuel Macron.

Le taux de chômage en France au troisième trimestre, calculé selon les standards mondiaux du Bureau international du travail, reste à son niveau d’avant la crise sanitaire, soit 8,1 % de la population active, selon l’Insee.

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E. Y. avec l’AFP