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Dossier De « fichus » caractères

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Ensemble. « Pour nous, le pire aurait été de laisser nos souffrances enfouies et de traverser la crise de façon isolée », témoignent les « Foulards noirs ». Un groupe de quatre femmes : Stéphanie Anne, Charlène Guérin et Ludivine Le Monnier (de gauche à droite) et Astrid Granger (absente). © A. Dufumier

Les « Foulards noirs » ont donné un nouveau visage à la détresse vécue dans les exploitations agricoles. Aujourd’hui, ces agricultrices et femmes d’agriculteurs témoignent dans un documentaire.

Un fichu noir sur le front qui symbolise l’agriculture en deuil et l’engagement des femmes dans les exploitations agricoles. Et pour seules armes : leurs propres histoires et leur sincérité. Voilà ce que sont les « Foulards noirs », un groupe de seulement quatre femmes qui a surgi des cendres des manifestations de 2015 dans le Calvados, pour trouver une nouvelle forme de sensibilisation de l’opinion et des pouvoirs publics.

Saisies sur salaire, dettes, recommandés à répétition, huissiers, surmenage, manque d’argent pour faire les courses. En ayant le courage de tout raconter aux médias, alors qu’elles n’y étaient pas préparées, ces femmes ont fait mouche dans l’opinion publique, avec un retentissement national jusqu’aux plus hautes sphères de l’État. Elles ont contribué à redonner du poids aux revendications des agriculteurs à un moment où ils n’en avaient plus. Quel bilan après deux ans d’actions ?

Des femmes sentinelles

Il est certain que la crise aura laissé des traces dans les exploitations auxquelles sont liés les Foulards noirs. « Mon mari poursuit le lait après une conversion bio », témoigne Charlène Guérin. « Nous, nous arrêterons le lait le 31 janvier prochain. Nous avons de nouveaux projets dans le tourisme et en production de viande », complète Stéphanie Anne.

Pour mon mari, la cessation laitière n’était même plus une option, car autrement nous risquions de tout perdre. Aujourd’hui, c’est fini et nous devons encore rembourser des dettes. Mais nous avons des pistes pour rebondir », indique Ludivine Le Monnier. « Nous savions bien qu’à seulement quatre personnes, nous ne pourrions pas décrocher la lune », résument les Foulards noirs. Pas question, cependant, pour elles de regretter leur engagement. « Nous n’avions vraiment plus rien à perdre, et puis il fallait tenter quelque chose. Nous ne voulions pas garder toute cette souffrance enfouie. »

De ces femmes aura jailli une étincelle qu’elles font perdurer. Le tournage d’un documentaire « Les champs de la colère », sur la façon dont elles ont traversé la crise, y participe. « Entre 2016 et 2017, il aura fallu plus d’un an pour réaliser le film », témoignent-elles. Leur engagement leur a permis de rencontrer Catherine Deneuve qui fait la voix off. La sortie officielle du film sur France 5, le 31 janvier prochain, sera pour les Foulards noirs l’occasion d’interpeller l’Élysée et les ministres, sur le sort des agriculteurs et de leurs familles. Déjà diffusé deux fois au cours d’un ciné campagne, le film a fait salle comble et remporté une large adhésion du public.

Alexis Dufumier
Prises de parole

En 2017, face au découragement ressentis par leurs conjoints, pères ou frères agriculteurs, les femmes ont multiplié les prises de parole. La France agricole leur a consacré un dossier le 17 mars intitulé « Agricultrices et conjointes : debout dans la crise ». À cette occasion, les « Foulards noirs » avaient fait la couverture du magazine.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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