« Ne nous cachons pas les choses, a lancé Stéphane Le Foll devant l’Assemblée nationale le 9 novembre 2016. Le TTIP, l’accord de libre-échange entre l’UE (Union européenne) et les USA, est une affaire réglée. Donald Trump, le nouveau président, n’en veut pas. C’était aussi la position de Hillary Clinton. L’enjeu était leur refus de discuter des indications géographiques. Pourquoi peut-on avoir des marques sur les chaussures et pas des indications géographiques protégées (IGP) sur les fromages ? C’est un enjeu colossal. Est-ce que l’agriculture peut valoriser l’histoire de ses terroirs au niveau mondial ? La Chine vient de reconnaître 42 AOP bordelaises. C’est un pas énorme contre la contrefaçon. »

Si le Ceta, l’accord de libre-échange signé entre l’UE et le Canada à la fin d’octobre, « comporte certains risques », Stéphane Le Foll y voit surtout un « avantage majeur » : les IG (indications géographiques), 42 françaises et 140 au niveau européen, sont reconnues par le Canada. « Cela paraît peu, mais c’est énorme. On a mis un pied en Amérique du Nord. On a marqué un point. »

Pas d’hormones de croissance

Sur la question de la viande, qui vaudra aussi pour le Mercosur, a-t-il précisé, une question se pose à propos des ouvertures de contingents. Stéphane Le Foll a été très clair : « Il n’est pas question d’importer des produits avec des hormones de croissance. Aucun contingent ne sera ouvert. Dupont-Aignan, Philippot… Oui je les cite, tout le monde dit n’importe quoi, et ça passe comme une lettre à la poste. Moi je vous dis, c’est non. Après, si le Canada se met aux normes, la restructuration du marché européen est un vrai sujet. » Mais, avec l’ouverture progressive des contingents, l’UE aura au moins six ans pour se préparer, échéance qui court à compter de la ratification du Ceta par tous les États membres, ce qui pourra prendre quelques années.

Attention au Brexit

Sur les autres accords commerciaux, le ministre de l’Agriculture a rappelé l’incertitude liée au Brexit. « Le Royaume-Uni veut négocier tout seul, mais sa sortie de l’UE aura des conséquences pour tous les accords qu’a déjà l’UE avec des pays tiers. Quels sont les contingents qui restent de ce qui a été négocié pour l’Australie ou la Nouvelle-Zélande par exemple ? Au prochain conseil agricole de l’UE, j’aurais une position très claire car il faut faire les choses dans l’ordre. »

Enfin, le ministre de l’Agriculture a indiqué avoir demandé à la Commission européenne un rapport concernant les « effets cumulés » sur l’agriculture de tous les accords de libre-échange signés par l’UE.

Arielle Delest