Les agriculteurs malades du coronavirus ou contraints de garder à domicile leurs enfants du fait de la fermeture des crèches et écoles, pourront bénéficier d’une allocation de remplacement. Cette mesure est inscrite dans une ordonnance publiée le 16 avril 2020 au Journal officiel. Son montant sera fixé par décret. Selon le cabinet du ministre de l’Agriculture, il pourrait être aux alentours de 112 euros, ce qui ne permettra pas de couvrir totalement le coût d’une journée de remplacement, qui est d’environ 150 euros. C’est la MSA qui gérera ce dossier.

Selon l’ordonnance du 16 avril 2020, l’aide s’adresse aux personnes non salariées agricoles (NSA) victimes du Covid-19 ou soumises à l’obligation de garder à domicile leurs enfants de moins de 16 ans, ou de moins de 18 ans s’ils sont atteints d’un handicap, du fait de la fermeture des crèches, écoles et établissements sociaux et médico-sociaux en raison de la crise sanitaire. En contrepartie, les exploitants renoncent à percevoir les indemnités journalières maladie liées à l’épidémie. Selon le cabinet du ministre de l’Agriculture, dans le cas d’un couple NSA, les deux parents ne pourront pas y prétendre sur la même période : ce sera « l’un ou l’autre ».

Une demande de la profession

Dans un communiqué de presse commun diffusé le 16 avril 2020, la Fnab (Fédération nationale d’agriculture biologique) et la Confédération paysanne soulignaient que la situation devenait critique pour les paysans « alors que la fermeture des écoles et lieux d’accueil de jeunes enfants a été prolongée jusqu’au 11 mai ». Pour faire face, les deux organisations demandaient à « l’État d’apporter une solution aux parents, en accueillant leurs enfants dans les crèches et les écoles, et en assurant le droit au remplacement pour “garde d’enfant”, sans surcoût pour les paysans ». Une demande en partie entendue.

Aurore Cœuru