Un an après avoir sanctionnée l’Union européenne pour son soutien à Airbus, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’apprête cette fois à l’autoriser ce mardi 13 octobre 2020 à prendre des mesures de rétorsion contre Washington pour ses aides versées à Boeing, un rebondissement de plus dans un feuilleton commercial vieux de 16 ans.

4 milliards de dollars de produits américains dans la balance

L’OMC doit autoriser Bruxelles à appliquer des sanctions tarifaires sur près de 4 milliards de dollars de produits importés des États-Unis, selon l’agence Bloomberg. Dans cette perspective, l’Europe a dressé une liste de produits qui pourraient être taxés. Les tracteurs y figurent aux côtés des avions de ligne produits aux États-Unis, des patates douces, du tabac ou encore du jus d’orange congelé…

Airbus et son concurrent américain Boeing, et à travers eux Bruxelles et Washington, s’affrontent depuis octobre 2004 devant l’OMC, juge de paix du commerce mondial. En cause : les aides publiques versées aux deux avionneurs. La décision attendue au profit de l’Union européenne vient en miroir de l’autorisation accordée l’an passée aux États-Unis.

Des taxes sur le vin, le fromage et l’huile d’olive européens

Ces derniers ont en effet obtenu le droit d’imposer des taxes sur près de 7,5 milliards de dollars de biens et services européens importés chaque année, la sanction la plus lourde jamais imposée par l’OMC. Depuis, Washington inflige des droits de douane punitifs sur certaines importations de l’Union européenne comme le vin, le fromage et l’huile d’olive, à hauteur de 25 %.

L’Union européenne et certains de ses États membres ont fait appel en décembre d’une décision de l’OMC selon laquelle ils n’avaient toujours pas mis en conformité leurs aides à Airbus. L’examen de cet appel est bloqué, Washington refusant la nomination de juges indispensables à son fonctionnement.

Une fois la décision de l’OMC rendue, l’Union européenne pourra imposer des tarifs douaniers punitifs à compter du 27 octobre. À quelques jours de l’élection présidentielle américaine, peu d’observateurs croient qu’elle franchira le pas immédiatement.

Avec l’AFP