Seize fédérations départementales de la FNSEA et de Jeunes Agriculteurs ont appelé à manifester ce 19 décembre dans la cour du Louvre, à Paris. Pourquoi ce lieu ? Car c’est là qu’avait eu lieu, le 14 mai dernier, le discours d’investiture d’Emmanuel Macron. Et c’est ce dernier qui est appelé au banc des accusés par les quelque 800 agriculteurs qui se sont déplacés, selon les organisateurs.

Les manifestants dénoncent des « mensonges » et la « trahison » d’un président qui, lors de sa campagne, promettait une agriculture sans distorsion de concurrence : la signature des accords de libre-échange avec le Canada, les discussions avec le Mercosur, et l’interdiction du glyphosate d’ici à trois ans au lieu de cinq ailleurs en Europe ne passent pas.

« Qu’on cesse les surtranspositions »

« Lors de sa campagne, Emmanuel Macron avait dit qu’il y aurait la même politique agricole commune (Pac) pour tout le monde et pas de subsidiarité, mais avec le coup du glyphosate, il a fait exactement le contraire », indique Stéphane Sanchez, le directeur des FDSEA du grand bassin parisien.

Damien Greffin, agriculteur dans l’Essonne, rappelle qu’« alors que l’Europe a autorisé le glyphosate pour cinq ans, Emmanuel Macron a dit qu’il sera interdit dans trois ans ». lI faut que « les agriculteurs français soient logés à la même enseigne que les autres agriculteurs européens et qu’on cesse les surtranspositions qui amènent des distorsions de concurrence » au sein de l’Union européenne.

S’agissant des traités de libre-échange, Stéphane Sanchez estime que les pays concernés produisent moins cher, car « les règles de production sont différentes. On n’a pas le droit de produire des OGM en France, mais on a le droit d’importer des produits OGM » avec le risque d’importer de plus en plus et donc « de perdre la souveraineté alimentaire ».

À la fin de la matinée, Matignon a accepté de recevoir quelques représentants des manifestants.