Qu’est-ce qu’un expert d’assuré ?

À la suite d’un sinistre, l’assuré a le droit de se faire représenter auprès de sa compagnie d’assurances par un expert. C’est ce qu’on appelle un expert d’assuré. Son rôle est de défendre les intérêts de son client et de l’aider à obtenir l’indemnité la plus juste. « Ce n’est pas forcément une contrainte pour l’assureur, cela amène le plus souvent une certaine tranquillité, rassure Olivier Bohn, conseiller d’entreprise spécialisé dans la gestion des risques et les assurances, à la chambre d’agriculture de la Moselle. Une fois que les deux experts, celui mandaté par l’assureur et celui de l’assuré, se sont mis d’accord, il y a peu de risque de litige. L’assureur sait que le dossier sera clôturé rapidement. »

Dans quels cas solliciter ses services ?

Un expert d’assuré peut être sollicité pour tous les types de sinistres. Le plus souvent, il intervient lorsque l’enjeu financier est important, notamment lors d’un incendie ou un aléa climatique majeur. Il va calculer poste par poste (installation, charpente, maçonnerie, matériel…) le coût de la reconstruction à l’identique des biens pour faire un état précis des pertes.

Voici deux cas pour lesquels faire appel à un expert d’assurer peut s’avérer particulièrement utile :

  • Si le bâtiment touché est assuré en « valeur de reconstruction, vétusté déduite ». La détermination du niveau de vétusté du bâtiment se fait à dire d’expert et détermine de manière importante le montant de l’indemnité ;
  • Si une clause de perte d’exploitation est activée. Le chiffrage des pertes financières engendrées par un sinistre est souvent complexe. L’expert d’assuré prendra en charge cette évaluation et se fera épauler d’un expert économique (conseiller de chambre d’agriculture, expert…) afin de faire des propositions à l’assureur.

Quelle est la procédure ?

Après le sinistre, l’expert de l’assurance se rend sur place, le plus souvent dans les 24 heures Son objectif est de défendre le contrat d’assurance. Il va identifier les biens couverts, les garanties mises en jeu (vétusté, valeur à neuf… pour les bâtiments). L’assuré devra fournir une liste du matériel et des installations détruites ou endommagés accompagnée de préférence par l’état comptable des immobilisations et de photos. C’est à partir de ce moment-là que l’expert d’assuré peut intervenir en accompagnant l’assuré dans cette tâche.

La procédure dure normalement autour de 4 mois. Durant un mois, l’expert d’assuré affine l’état des pertes poste par poste. Ensuite durant 2 mois environ, des pointages contradictoires des dommages vont être réalisés. Ce sont des rendez-vous en présence des deux experts et de l’assuré, durant lesquels ils se mettent d’accord sur l’indemnité envisagée pour chaque poste (charpente, maçonnerie, installations…). À partir du quatrième mois, si les experts ont réussi à trouver un accord, la procédure de clôture du sinistre est ouverte. Un inspecteur, salarié de la compagnie d’assurances, se déplace pour clore le sinistre.

Dans le cas contraire, les deux experts font appel à un troisième expert, qu’ils choisissent ensemble. Si une entente est trouvée, un accord de clôture est signé, sinon une procédure judiciaire pourra être ouverte.

Combien coûtent les honoraires ?

L’expert d’assuré se rémunère à hauteur de 3 à 5 % de l’indemnité qui sera versée par l’assurance. Le plus souvent une clause est prévue par l’assureur dans le contrat d’assurance multirisque agricole pour la prise en charge du coût de l’expert (selon un plafond défini au contrat). Avant même la survenue d’un sinistre, il est donc important de bien vérifier les clauses de son contrat multirisque agricole.

Marie Salset

« L’expert d’assuré doit intervenir le plus tôt possible » Olivier Bohn, conseiller d’entreprise spécialisé dans la gestion des risques et les assurances, à la chambre d’agriculture de la Moselle

« Pour choisir son expert d’assuré, c’est souvent le bouche-à-oreille qui fonctionne le mieux, en contactant des collègues qui ont déjà été sinistrés dans son secteur, constate Olivier Bohn, conseiller d’entreprise spécialisé dans la gestion des risques et les assurances, à la chambre d’agriculture de la Moselle. Il existe aussi plusieurs cabinets au niveau national dont je sais qu’ils traitent les dossiers agricoles : comme par exemple les Expertises Galtier et le cabinet Roux. Dans l’idéal, l’expert d’assuré doit intervenir le plus tôt possible, au plus tard dans le mois qui suit le sinistre. »