Le Réseau Bienvenue à la ferme a réalisé une enquête entre le 21 avril et le 15 mai 2020 auprès de 570 de ses adhérents de l’agritourisme (gîtes et chambres d’hôtes, fermes-auberges, fermes équestres, fermes pédagogiques, fermes de dégustation et campings).

Fermes équestres et fermes-auberges : les plus menacées

« Nous voulions mesurer l’impact de la mise à l’arrêt de nos activités d’accueil depuis le début du confinement. Les fermes équestres sont les plus menacées : leurs frais pour entretenir les chevaux continuent de courir. Les fermes-auberges et les dégustations souffrent aussi », commente Isabelle Perry, agricultrice dans l’Est et responsable de l’agritourisme dans ce réseau. Un tiers des répondants estiment avoir perdu 5 000 euros de chiffre d’affaires par mois. Cette proportion monte à plus de 50 % pour les fermes équestres, les fermes-auberges et de dégustation dont certaines atteignent les 20 000 euros de pertes.

Du côté de l’emploi, 40 % des fermes sont impactées : un quart devra supprimer un emploi et 20 % sont concernées par la mise en chômage partiel. Un tiers de ces fermes n’ont pas eu accès aux aides liées à la crise alors que 21 % ont eu accès plusieurs aides simultanées. La règle de 50 % de perte de chiffre d’affaires explique en partie ces exclusions.

Des inquiétudes pour l’avenir

Il est à noter le dynamisme de ces adhérents. Près de la moitié ont pris des initiatives : développement de la vente directe de produits (livraison à domicile, plats à emporter ou drive fermier), investissement dans la communication via les réseaux sociaux, réflexion sur leur offre.

Mais ces actions n’empêchent pas l’inquiétude : 40 % estiment être « en danger » ou « incertain » quant à la pérennité de leurs activités en agritourisme avec un pic pour les fermes équestres, les fermes-auberges, les fermes pédagogiques et les activités de dégustation.

Une campagne de communication « Vivez fermier »

Comment relancer la machine à l’approche espérée de la fin du confinement pour les activités d’accueil ? Bienvenue à la ferme a préparé et diffusé aujourd’hui aux conseillers départementaux de son réseau, des visuels à destination du grand public.

La campagne « vivez fermier » (après avoir vécu confiné), rappelle que partout dans l’Hexagone le dépaysement est au bout du champ (8 000 fermes d’accueil). Ses lignes « force » s’appuient sur les attentes actuelles des vacanciers : la sécurité, l’espace, les expériences et les retrouvailles avec les animaux. « Et nous avons travaillé un protocole sanitaire rigoureux », conclut Isabelle Perry.

> À lire aussi : Agritourisme : report des séjours pour cause de confinement (27/04/2020)

Marie-Gabrielle Miossec