Une cyberattaque est en cours. Vendredi 13 novembre 2020, il aura suffi de l’ouverture d’un courriel par inadvertance pour que tout le réseau en commun des Chambres d’agriculture du Centre-Val de Loire et de Nouvelle-Aquitaine soit piraté. Comme spécifié dans un communique de presse de ce mercredi 18 novembre 2020 , cette attaque informatique « perturbe encore et fortement le fonctionnement de nos établissements dans ces deux régions. »

Une attaque informatique à l’échelle départementale

« Tous nos fichiers au niveau départemental sont cryptés ! On n’a plus de serveur, plus de messagerie, plus non plus accès à nos applications comme Word et Excel. Aujourd’hui on travaille uniquement grâce aux téléphones portables », relate à La France Agricole Christophe Chenut, directeur de la Chambre régionale d’agriculture Centre-Val de Loire. « Mais heureusement, toutes nos applications nationales, c’est-à-dire la comptabilité, la paye et les relations clients, n’ont pas été impactées. »

Et à la question de savoir comment cette cyberattaque a pu arriver, il explique « qu’un collaborateur a dû cliquer sur un e-mail virus. Et étant donné qu’on a un serveur de fichiers en commun avec la Nouvelle-Aquitaine, nos deux régions ont été touchées », ajoute-t-il.

Néanmoins, « aucune autre région n’est à ce jour impactée », précise le communiqué de presse, avant d’assurer que « les services délivrés nationalement par la Direction nationale des systèmes d’information sont actuellement opérationnels pour l’ensemble de nos clients et utilisateurs connectés. »

Une demande de rançon

« Il faut compter trois semaines pour un retour à la normale. D’ici là, on a coupé nos messageries par sécurité et à partir de demain, les techniciens vont commencer le travail de nettoyage et de sauvegarde de tous nos fichiers », détaille encore Christophe Chenut.

Une procédure mise en place pour éviter de répondre aux attentes des hackers. Car, comme le relate le directeur de la Chambre d’agriculture régionale du Centre-Val de Loire, lors d’une cyberattaque, les hackers réclament une rançon.

« On a un e-mail qui laisse à penser que c’est le cas pour nous. En échange de la rançon dont on ne connaît pas le montant, ils nous donneraient le logiciel qui permettrait de décrypter les serveurs cryptés. Mais pour connaître le montant de la rançon, il faut cliquer sur un lien. Et on ne veut pas ! », assure-t-il.

« Une recrudescence des cyberattaques ces trois derniers mois »

« Selon l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI), il y a une recrudescence des cyberattaques ces trois derniers mois et on fait partie des établissements ciblés, comme les hôpitaux », déplore Christophe Chenut.

Dans ce contexte marqué par la multiplicité des incidents de ce type, les Chambres d’agriculture invitent leurs partenaires et prestataires « à la plus grande vigilance et à se rapprocher [d’eux] en cas de besoin. »

Oriane Dieulot