Une exploitation agricole ne peut plus démarrer « sans prendre en compte le risque climatique [et] intégrer la question de la résilience des systèmes est un élément important ». Mais pour Marc Fesneau, qui a fait changer le nom de son ministère en arrivant, « la souveraineté alimentaire [est la] question centrale ».

« Face à un « système » qui « ne tient pas », « il faut qu’on arrive à combiner une question de souveraineté et une question de modèle qui résiste mieux aux aléas climatiques », défend le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire dans un entretien à l’AFP.

Temps long

« Ce que nous avons cette année, c’est l’année type que nous aurons en 2050 », mais « quoi qu’on fasse, la lutte contre le changement climatique c’est du temps long » et cela passera par la formation des nouvelles générations d’agriculteurs.

Alors, « non ce ne sera pas la même agriculture » dans les années à venir. Il faudra « faire des choix de cultures différents, plus économes en eau, des variétés plus résistantes à la sécheresse, aux maladies. […] Cela passe aussi par la recherche et une multitude de pistes sont envisagées selon les cultures ou les productions ».

« Un sentiment d’impuissance »

Chez les agriculteurs, « il y a un sentiment d’impuissance et il y a une grande détresse, s’ajoutant à ça une incertitude géopolitique générale », décrit-il.

« Nous avons eu chronologiquement ou presque la crise porcine, la grippe aviaire, la crise ukrainienne, le gel et la grêle et vient la sécheresse… Sur douze mois nous avons eu le condensé de ce que nous avons sur 5 ou 10 ans », résume-t-il.

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Un appui financier

Les enveloppes pour aider les exploitants agricoles se sont succédé : plus d’un milliard d’euros pour les acteurs touchés par la grippe aviaire, 640 millions d’euros dans le plan de résilience pour soutenir les éleveurs à nourrir leurs animaux après la flambée des prix entraînée par la guerre en Ukraine, « et là, sur la grêle, nous mettons 40 millions » d’euros, complète le ministre.

Entre mai et juin « une cinquantaine de départements et 1 500 communes environ » ont été touchés par des orages de grêles ravageurs. « Le monde agricole sait ce que sont les calamités, mais quand vous avez trois épisodes de grêle sur la vigne, à la fin vous vous dites que vous ne pourrez plus en faire, quand bien même vous êtes indemnisés », poursuit-il.

À l’heure où plus de la moitié des 400 000 agriculteurs sont susceptibles de prendre leur retraite d’ici à cinq ans, le découragement des professionnels de l’agriculture inquiète. Dans la « mission flash » lancée à la suite des épisodes de grêle, la première recommandation est de recenser les situations les plus délicates, notamment sur le plan psychologique.

Avec l’AFP