Un mur de parpaings et des messages tagués : « N’oublie pas ton premier métier » ; « EGA = du vent ! ». A Guéret, dans la Creuse, le 10 octobre, la permanence du député et agriculteur, Jean-Baptiste Moreau (LREM), par ailleurs rapporteur de la loi issue des États-généraux de l’alimentation (EGA), a essuyé la colère des agriculteurs creusois. Tout comme la DDT, dont le portail a été soudé plus tôt par les éleveurs de JA et de la FDSEA de la Creuse, avec « un peu de foin brûlé, pour marquer le coup ».

« Nous restons corrects… Pour l’instant ! »

Au cœur des préoccupations : le manque de réactivité de l’Administration sur la sécheresse et la crainte de ne pas voir cette « catastrophe » reconnue comme calamité agricole. « Notre DDT avait besoin d’être motivée, ils traînaient un peu des pieds. Nous avons voulu faire monter la pression, à la demande de nos éleveurs », explique Thierry Jamot, président de la FDSEA. « Le dossier sécheresse n’avance pas à la vitesse souhaitée », confirme Pascal Lerousseau, président de la chambre d’agriculture, selon qui « certains agriculteurs ne passeront pas le cap de l’hiver ».

Et le député dans tout ça ? « Cela fait partie de ses missions de relayer nos attentes », justifie Thierry Jamot. Son rôle aux côtés du gouvernement pour porter la loi sur l’agriculture et l’alimentation, votée au début d’octobre et en attente de promulgation, n’est pas étranger à l’affaire.

« Jean-Baptiste Moreau a mouillé sa chemise mais le résultat n’est pas à la hauteur des espoirs suscités », explique Pascal Lerousseau. « On nous a promis monts et merveilles en termes de revenus, mais pour l’instant, c’est un flop », dénonce Michael Magnier.

Le JA est très remonté : « Nous avons voulu montrer par cette action que nous étions encore vivants, que nous existions encore. Ce sont des actions gentilles, nous restons corrects pour l’instant. Mais si rien n’avance, là, on montrera les dents ! »

Alain Cardinaux