Il en avait déjà dévoilé l’esprit le 28 août 2020. En marge de la visite d’un laboratoire pharmaceutique, Emmanuel Macron a présenté les grandes lignes du plan de relance dont l’annonce par le gouvernement est prévue le 3 septembre 2020, plan qui concernera l’ensemble des secteurs économiques, l’agriculture et l’agroalimentaire y compris.

2030 comme horizon

« Cette stratégie “France relance” que nous allons lancer, ça n’est pas une stratégie pour faire face aux difficultés du moment, ça nous l’avons déjà fait et nous allons continuer […], non, c’est préparer la France de 2030 », a expliqué le chef de l’Etat à l’AFP. Emmanuel Macron entend « bâtir un modèle d’avenir, fondé sur le savoir, sur l’écologie et la transition écologique ». La France Agricole fait le point sur les mesures déjà esquissées qui concernent le secteur agricole.

Ce que l’on sait déjà

Un soutien financier pour des alternatives au glyphosate. Lors d’un déplacement le 25 août 2020 dans le Loiret, la ministre de la Transition écologique et solidaire, Barbara Pompili, avait annoncé que l’accompagnement du « monde de la recherche, des administrations et des filières » pour trouver des alternatives au glyphosate sera financé « en bonne partie par le plan de relance ».

Le développement des circuits courts. Un peu plus d’un moins après sa nomination, le ministère de l’Agriculture, Julien Denormandie, avait annoncé, le 14 août lors d’un déplacement en Haute-Garonne, que le plan de relance « mettr(a) le paquet » sur le développement des circuits courts avec la création de halles et l’arrêt des fermetures d’abattoirs. Il s’est placé comme un « énorme défenseur » de ces circuits et de l’agroécologie. Un soutien financier en faveur de la mise en place d’installations de protection contre la grêle et contre la chaleur dans les bâtiments avait également été évoqué.

Des investissements pour s’adapter au changement climatique. Le même jour, le ministère de l’Agriculture avait dévoilé, dans un communiqué, qu’« une part significative du volet agricole du plan de relance » sera consacrée à l’adaptation des exploitations au changement climatique. Un investissement est prévu dans la recherche pour optimiser notamment l’usage de l’eau et pour trouver des semences adaptées aux bouleversements climatiques. Le 31 juillet, un « soutien financier » pour aider les éleveurs à mieux s’équiper pour capter l’eau de pluie était encore en négociation.

La recherche de solutions pour la betterave. Face à la jaunisse qui touche les betteraves, Julien Denormandie s’est engagé le 6 août, dans le cadre du plan de relance, à un effort de recherche « renforcé et conséquent » pour accélérer l’identification d’alternatives véritablement efficaces, grâce à la mobilisation de 5 millions d’euros supplémentaires dès 2021, en y associant l’ITB (Institut technique de la betterave) et l’Inrae.

La rénovation des abattoirs. « Je souhaite surtout rénover profondément les abattoirs, ce sera un des éléments sur lesquels je travaille actuellement dans le cadre du plan de relance », a déclaré le 27 août le ministre de l’Agriculture invité sur l’antenne de la radio RTL. Il n’a pas exclu d’équiper les abattoirs de caméras, sujet qui doit être encore discuté avec les principaux concernés.

Le train des primeurs Perpignan-Rungis remis sur rail. Parmi les multiples volets du plan de relance figure celui du fret ferroviaire. L’État compte développer des autoroutes ferroviaires, en relançant notamment le train des primeurs Perpignan-Rungis suspendu depuis un an.

Des financements pour le plan protéines. Le 31 août, le ministre de l’Agriculture a indiqué que le plan protéine ferait partie du plan de relance. « Aujourd’hui, ce n’est pas possible d’être dépendant des importations de soja brésilien. On marche sur la tête », a-t-il déclaré au micro de RMC.

Le budget, la grande inconnue

La présentation du plan de relance prévue ce jeudi 3 septembre 2020 permettra aussi d’en savoir plus sur l’ambition budgétaire du gouvernement sur ces sujets. Lors de son discours de politique générale, le 15 juillet dernier, le Premier ministre, Jean Castex, avait déclaré que le plan de relance sera de 100 milliards d’euros.

Il est déjà certain que l’agriculture ne sera pas le secteur le plus doté. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, a ciblé trois priorités, selon l’AFP : la rénovation énergétique, les transports et l’énergie. L’agriculture pourrait finalement trouver sa place dans un paquet de 20 milliards d’euros affecté à la transition écologique.

Alexis Marcotte