« C’est impressionnant l’impact que [le coronavirus Covid-19, NDLR] peut avoir sur l’inconscient humain », constate Michel Devillairs, agriculteur à They-en-Sorans, dans la Haute-Saône et associé d’un Gaec très diversifié. L’exploitation compte 130 montbéliardes sur 198 ha, le tout en agriculture biologique. Elle transforme et vend en direct de la farine, de la viande (bœuf, veau, porc, poulet), des œufs. Agréé OS (organisme stockeur), elle commercialise aussi de la farine bio et des pommes de terre.

« De la farine et des pommes de terre »

« Nous ne recevons habituellement personne en début de semaine car nous sommes occupés par la préparation des commandes, reprend-il. Mais hier, lundi, nous n’avons pas arrêté. Des personnes de tout profil, et dont beaucoup ne sont pas des clients habituels, sont venus à la ferme faire le plein de pommes de terre et de farine. Compte tenu de la demande, il va falloir faire tourner nos moulins jour et nuit pour passer de 300 à 400 kg par semaine à 2 tonnes. Le réseau Biocoop est aussi venu se réapprovisionner. »

« Quant aux pommes de terre, il n’y en a déjà plus, ajoute Michel Devillairs. Les deux supermarchés du secteur ont été également dévalisés. La préoccupation majeure des gens est de faire des réserves. » Pour l’instant, la demande en viande aurait plutôt tendance à baisser. Selon un collègue producteur laitier de Michel Devillairs, qui fait aussi de la transformation, les commandes de produits frais reculeraient aussi.

Le magasin à la ferme n’ouvre habituellement qu’à partir du mercredi après midi. Devant la ruée, une newsletter a été envoyée aux clients pour les informer que le magasin sera accessible toute la journée. Malgré tout, les agriculteurs se préparent à recevoir beaucoup de visites aujourd’hui, ce mardi 17 mars 2020. Michel Devillairs était passé récemment avec sa fille Emma sur la radio France Bleu Bourgogne dans le cadre d’une émission consacrée aux produits alimentaires, ce qui a certainement donné à l’exploitation une visibilité accrue.

Anne Bréhier