Vingt organisations syndicales et associatives (1) ont publié le 26 mai 2020, un plan de 34 mesures pour répondre aux enjeux sanitaires, sociaux, économiques et écologiques à la sortie de crise. « Les semaines à venir seront décisives, précisent les organisations à l’origine de cette proposition. L’heure est aux urgences sanitaires et sociales et à la satisfaction des besoins essentiels de la population, dans le respect des droits démocratiques ».

Répondre à la crise sanitaire et sociale

Le plan pose dans sa première partie les conditions nécessaires pour assurer la sécurité sanitaire et les droits fondamentaux des individus, mais également des propositions de réponse à la crise sociale. Pour cela, les associations et syndicats souhaitent créer de nouveaux emplois dans l’agriculture.

Une réforme de l’enseignement qui intègre les enjeux écologiques, une politique à l’installation massive, la refonte de la Pac, ou encore l’élaboration d’une loi interdisant l’achat en dessous du prix de revient devraient permettre d’atteindre un objectif d’un million de paysans, selon eux.

Les propositions sociales du plan s’orientent également vers l’international. Les organisations militent pour que tous les peuples puissent construire leur souveraineté alimentaire, sans « nuire aux agricultures des autres ».

Fiscalité et système financier au service de la transition écologique

Le plan propose d’exclure les entreprises les plus polluantes des achats d’actifs de la BCE (banque centrale européenne). Cette dernière doit permettre aux États et aux collectivités de s’affranchir des contraintes de la dette.

Les associations proposent notamment une annulation des dettes publiques et « le financement direct des plans d’urgence et de reconversion des États et collectivités locales par la création monétaire ».

Elles suggèrent également d’évaluer les bénéfices pour la lutte contre le changement climatique ou l’érosion de la biodiversité, des entreprises qui bénéficient de niches fiscales et de supprimer ces dernières si leur effet est inutile voire néfaste sur l’environnement.

Reconversion sociale et écologique de la production agricole

A l’échelle internationale, le plan propose de « repenser nos échanges internationaux à l’aune de principes de solidarité, d’équité et de partage des connaissances », et que la France ne ratifie pas les accords en cours qui « placent les intérêts des multinationales au-dessous de tous les principes du droit et de la lutte contre le dérèglement climatique ».

Les organisations militent pour une relocalisation de l’agriculture selon les besoins locaux. Elles souhaitent que les soutiens publics permettent de développer une agriculture de circuit-court. Ces soutiens pourraient également être élargis à la production de protéines végétales, à l’affranchissement des pesticides et des engrais de synthèse, ainsi qu’à la réduction de la dépendance aux énergies fossiles et antibiotiques.

Ce plan s’inscrit dans une démarche lancée en janvier dernier pour un appel à « la justice sociale et climatique », accompagnée de la pétition « Plus jamais ça ! » qui « souligne l’impérieuse nécessité d’une rupture avec les politiques menées jusqu’à présent ».

A.Gambarini

(1) Action Aid, Alternatiba, ANV-COP* 21, Attac, CGT, Confédération paysanne, Convergence nationale des services publics, Droit Au Logement, Fondation Copernic, FSU, Greenpeace France, Notre Affaire à Tous, Les Amis de la Terre, Oxfam, Reclaim Finance, Solidaires, UNEF, UNL, Youth for Climate France, 350.org