La France Agricole : Le gouvernement a dévoilé son plan de relance le 3 septembre avec 1,2 milliard d’euros pour la transition agricole dont 200 millions pour la forêt. Etes-vous satisfait ?

Dominique Chargé, président de La Coopération agricole : Nous avons accueilli favorablement le plan de relance qui répond à l’impératif de sortie de crise depuis le confinement et la pandémie de Covid-19. Plusieurs des propositions que nous avions mises sur la table y sont reprises comme l’ensemble des mesures du volet « transition agricole », la baisse des impôts de production qui profitera à nos structures et le renforcement des fonds propres et quasi-fonds propres pour les TPE, PME et ETI(1). Tout le détail reste maintenant à affiner. Mais je regrette que la compétitivité intrinsèque des exploitations agricoles ne soit pas suffisamment abordée.

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Le plan prévoit d’investir les sommes annoncées sur 2021 et 2022. C’est suffisant ou il faut aller au-delà ?

Deux ans, c’est bien car il y a la nécessité d’aller vite. Tout ne devra pas s’arrêter ensuite. La transition vers un modèle « de souveraineté alimentaire agroécologique » devra continuer. C’est pour cela que nous restons mobilisés auprès des pouvoirs publics pour que le débat sur le projet de loi de finances 2021, qui entérinera le plan de relance, aborde notre proposition de création d’un fonds pour la transition agroécologique. L’objectif est de pérenniser les investissements réalisés sur l’appareil productif de l’agroalimentaire, sur des fonds structurels de recherche et de développement sur les pratiques agronomiques ainsi que le financement des transitions agroécologiques.

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Quelle place prendront les coopératives dans l’application des mesures annoncées ?

L’essence même des coopératives est d’accompagner ses adhérents. Elles continueront naturellement à le faire en mettant en place des mesures et des outils particuliers.

Cet accompagnement devra se faire parfois sans doute à distance en fonction des recommandations sanitaires. Les différentes réunions et assemblées des coops n’ont pas dû y échapper…

Lors du confinement, la descente d’information auprès des adhérents a très bien fonctionné via les intranets et les différents outils dont disposaient les coopératives. Mais cela a été un vrai crève-cœur pour elles de ne pas pouvoir réunir leurs adhérents lors des assemblées de section et les assemblées générales, d’autant plus qu’elles doivent cette année adapter leurs statuts pour se mettre en conformité avec la loi Egalim. Les réunions en visioconférence n’améliorent pas le taux de participation des adhérents. C’est pour cela que j’avais demandé aux pouvoirs publics que l’adaptation des statuts soit reportée mais cela nous a été refusé.

1. TPE : très petites entreprises. PME : petites et moyennes entreprises. ETI : entreprises de taille intermédiaires.

Propos recueillis par Alexis Marcotte