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« Pas d’expérimentation possible » pour les Safer

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Contrôle des structures
 - « Pas d’expérimentation possible » pour les Safer
Aucun retour possible ne serait possible en cas d’expérimentation de la suppression du contrôle des structures, selon Emmanuel Hyest, président de la FNSafer. © Yann Cainjo/GFA

Tester la suppression du contrôle des structures dans certaines régions est une erreur, selon Emmanuel Hyest, président de la Fédération nationale des Safer.

« S’il n’y a plus de contrôle des structures, il n’y a plus de politique d’installation en France. » Pour le président de la Fédération nationale des Safer, aucun compromis n’est possible. Interrogé par la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, le 6 décembre 2017, Emmanuel Hyest a souligné la radicalité d’une éventuelle expérimentation de la suppression du contrôle des structures dans certaines régions : « Il ne faut pas l’expérimenter. D’autant plus parce qu’un retour en arrière ne serait pas possible. On teste, et après ? On fait quoi ? On revient en arrière ? C’est inconcevable. »

Le coupable n’est pas chinois

Le Normand s’est aussi exprimé sur la financiarisation de l’agriculture. « C’est dangereux, commente-t-il. Si on ne fait rien, on change la typologie de l’agriculture. Il y a une nécessité absolue. » Il insiste cependant aussi sur le fait que le coupable n’était pas chinois, ou plus généralement étranger : « La financiarisation est d’abord nationale. »

Régulièrement la FNSafer est sollicitée depuis deux ans par des groupes financiers nationaux, notamment des assurances vie et des banques qui souhaiteraient acheter du foncier en France. « Ils proposent entre 50 et 100 millions d’euros…, poursuit-il. Vous imaginez ce que cela peut donner en termes de déstabilisation ? Pour l’instant, nous résistons et nous leur avons dit qu’on ne voulait pas. Néanmoins, la résistance a des limites. »

Les Parlementaires devront être « imaginatifs »

Même si Emmanuel Hyest estime que les bailleurs en agriculture sont indispensables, la limite dépend de leur volonté : « Cherchent-ils à avoir du foncier ou avoir l’exploitation de l’agriculture qui dépend de ce foncier ? Cette deuxième option est plus en plus le cas, et ça, c’est complètement nouveau. »

S’adressant aux députés : à l’avenir, « il faudra être aussi imaginatif et courageux que l’ont été vos prédécesseurs dans les années 1960 quand ils ont mis en place les Safer, leur ont donné le pouvoir de réguler, et, enfin, de choisir un acquéreur plutôt qu’un autre. »

Rosanne Aries
Les Safer aiment la bio

Il aurait souvent été reproché ces dernières années aux Safer de ne pas favoriser l’agriculture biologique, selon Emmanuel Hyest, qui souhaite balayer cette idée : « Aujourd’hui, vous avez deux fois plus de chance d’être attributaire si vous êtes en agriculture biologique que si vous êtes en agriculture conventionnelle. La loi ne nous y oblige pas. C’est volontaire de notre part. C’est ainsi aussi parce que les agriculteurs bio demandent des surfaces moins importantes. »

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