« L’Europe agricole se trouve face à une équation difficile à résoudre, a reconnu Michel Barnier devant les congressistes. Le Brexit, c’est 11 à 12 milliards d’euros de contributions nettes perdues par an, dont 3,5 milliards d’euros fléchés sur la Pac. Il va falloir faire aussi bien avec moins. Les discussions ont commencé à la Commission européenne. J’espère qu’il y a aura des parlementaires [après le prochain scrutin des élections européennes du 26 mai, NDLR] qui connaîtront l’agriculture ».

Le négociateur de l’Union européenne a aussi insisté sur un autre point qui concerne l’agriculture : les 3 000 indications géographiques européennes que protège actuellement le Royaume-Uni, en tant qu’État membre. Mais qu’en sera-t-il demain ? « Il n’est pas question que les Britanniques se sentent délié de protéger ces indications géographiques et marques, a appuyé Michel Barnier. On a signé un accord avec eux pour les protéger. »

« Prenez soin de l’Europe »

Européen convaincu, c’est vers l’avenir que Michel Barnier a invité la FNSEA et ses congressistes à se tourner. « L’Europe est fragile. Si on laisse le projet européen se détricoter, tout sera plus difficile, a averti le négociateur européen. Prenez soin de l’Europe. L’influence française ne se décrète plus. Elle se construit tous les jours par des ministres qui arrivent à l’heure et qui ne partent pas avant la fin. Il faut aussi que les députés européens fassent leur boulot. C’est très exigeant. La France a de l’influence, si elle est professionnelle, sans arrogance. »

Alexis Marcotte et Éric Roussel