« Trop souvent, les politiciens, ici [en France, NDLR] ou au Royaume-Uni, ont utilisé Bruxelles comme une excuse pour chaque mauvaise décision qui est prise, a lancé Stuart Roberts, vice-président de la NFU, National Farmers’ Union (1). L’Europe doit apprendre du Brexit. Nous devons aimer l’Europe. » Participant à une table-ronde organisée par la FNSEA sur « comment et pourquoi d’Europe ? », l’agriculteur anglais est venu témoigner de sa vision de l’Europe dans un pays qui a décidé de la quitter.

« Merci aux Britanniques »

Un choix dont les débats actuels à la chambre des communes du Royaume-Uni tournant en boucle sur les chaînes d’infos créent un climat d’incertitudes. « On a du mal à comprendre l’absence de décision des Britanniques ces derniers jours, a insisté Michel Dantin, député européen. Cela atteint le ras-le-bol. J’ai envie de leur dire merci. L’Europe c’est comme l’air. On le respire tous les jours mais il faut qu’il soit pollué pour qu’on sente ce qui est anormal. »

Alors qu’il a déjà annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat européen, Michel Dantin a appelé les congressistes à rester vigilants lors du scrutin du 26 mai prochain. « Faites attention à ceux pour qui vous allez voter. Vous avez le choix avec 36 versions de candidats eurofavorables. Attention à ceux qui veulent démolir le système. La France a perdu de l’influence dans cette législature avec 25 sièges qui n’ont servi à rien », a-t-il ajouté en référence aux sièges raflés par le Front national au Parlement européen en 2014.

Le donner de leçons de l’Élysée

« Au-delà de bons élus dans 2 mois, nous avons besoin que vous développiez ensemble avec toutes les organisations agricoles, une vraie diplomatie agricole, a-t-il poursuivi. Si le discours de ceux qui me remplaceront demain n’est pas relayé au sein des autres organisations agricoles en Europe, on n’y arrivera pas. On a besoin, dans la phase finale de négociation de la Pac, qu’on s’accorde sur des communs. Il faut qu’on tienne tous (les politiques, les organisations syndicales) le même discours. »

Abordant la crédibilité de la France à l’égard des autres États membres, Michel Dantin en a profité pour tacler le résident de l’Élysée. « Nous sommes 27 et une grande part de notre crédibilité est altérée par la situation des finances françaises. Le président de la République passe de plus en plus dans les capitales européennes comme un donneur de leçons. Mais les actes ne suivant pas le discours, et ça, les Allemands ne nous le pardonnent pas. »

Alexis Marcotte

(1) Association représentant les agriculteurs britanniques.