« On devrait passer par des prix référents qui ne puissent être assimilés à de l’entente, mais qui pourraient permettre d’établir un compromis sur les principales matières premières comme le lait, le porc ou encore le bœuf », a expliqué le 28 mars, Serge Papin. L’idée est « d’amorcer les choses en attendant que les interprofessions se réforment. Car elles ont besoin d’être réformées d’abord… », a-t-il ajouté.

« Il va falloir tourner la page »

Selon le PDG de Super U, la grande distribution ne s’opposerait pas à ces prix référents. « Il va bien falloir donner le coup d’envoi. Tout le monde est d’accord. Pourquoi on n’avance pas sur ces sujets ? »

En particulier sur le lait, a-t-il pointé, en faisant référence à la poudre de lait. « Il faut que l’on m’explique. D’un côté, quand nous avons fait les négociations, une majorité d’industriels se sont engagés sur 35 à 37 centimes. Alors, expliquez-moi pourquoi, au motif d’une poudre de lait stockée je ne sais où, il est question que le prix payé aux agriculteurs passe en dessous de ce prix ? Il faut sortir de cela, il faut tourner la page et distinguer le marché du lait de celui de la poudre de lait, etc. »

Un oubli dans le projet de loi

Serge Papin est également revenu sur la nécessité de passer à des négociations pluriannuelles. Alors qu’Emmanuel Macron avait annoncé lors de son discours de Rungis la mise en place d’accords pluriannuels, le projet de loi qui sera débattu à partir du 22 mai dans l’Hémicycle n’en ferait pas mention. « Je regrette cet oubli dans le texte. J’en ai parlé au député Jean-Baptiste Moreau, le rapporteur. Il doit absolument relancer cela, parce que ce sera la seule façon d’aller vers une réconciliation. »

Le distributeur suggère l’idée d’« accords de filière pluriannuels, de 3-4-5 ans ». « C’est intenable ce rapport de force annuel, ce round de négo qui incarne la loi du plus fort, a-t-il insisté. On aura confiance en l’avenir si on est capable de mettre en place des contrats à long terme. »

Pour Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA, le futur projet de loi devra aussi donner lieu à des arbitrages : « Le projet de loi présenté aujourd’hui propose de la médiation, mais ne propose rien derrière, a-t-il regretté. Nous demandons qu’il y ait un arbitrage. Il faut que l’on puisse à un moment sanctionner, contrôler… On ne peut pas se passer de ce cadre réglementaire. »

Rosanne Aries