La bataille autour du foncier aura été l’un des sujets récurrents et préoccupants de ce congrès des maires, organisé du 18 au 21 novembre 2019, Porte de Versailles, à Paris. Et c’est du côté du gouvernement qu’à deux reprises, les voix se sont élevées en faveur de la défense des terres agricoles.

« Zéro artificialisation net »

La ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, confiait hier la colère des maires « bâtisseurs » en zone rurale à la suite d’une instruction transmise aux préfets en vue de limiter l’artificialisation des terres agricoles. Ce jeudi 21 novembre, c’est au tour du Premier ministre de taper sur l’étalement urbain et ses conséquences. Et de rappeler l’objectif du gouvernement de « zéro artificialisation net ».

« L’artificialisation des sols est principalement due à la construction de logement, a commencé Édouard Philippe. Elle augmente en France à un rythme plus élevé que celui de la population, et à un niveau supérieur à la moyenne européenne. Collectivement, nous avons un effort à faire pour mieux réguler la consommation du foncier. »

Le mitage des terres agricoles à l’origine des conflits

« Autrement dit, a-t-il poursuivi, l’étalement urbain doit être maîtrisé, parce qu’il dévitalise les centres-villes, il crée des problèmes d’éloignement entre le lieu de travail et le domicile, entre le domicile et les commerces. Et parce qu’il stérilise ou mite le foncier agricole. Et nous savons les questions qui se posent de coexistence entre les habitants et les agriculteurs, lorsque le foncier agricole est mité au point que la coexistence des usages et des vocations devient parfois un problème. »

Dans ce sens, le Premier ministre a incité les maires, ces « premiers de corvée », à favoriser les zones de dialogue et la démocratie participative : « Sur les ronds-points, certains ont confié qu’ils n’avaient pas discuté, et certainement pas débattu avec leurs voisins depuis des années. Combien de projets de méthanisation, de modernisation d’exploitation, de gestion raisonnée de la ressource en eau sont bloqués simplement parce qu’il est difficile localement de se parler ? » Ce sera, selon lui, par le débat que certaines résistances s’assoupliront.

Augmentation de l’indemnité des maires des petites communes

Le chef du gouvernement a par ailleurs annoncé un accroissement significatif des indemnités des maires des petites communes. Par « un effort substantiel sur la dotation particulière pour les élus locaux », elle devrait doubler pour les communes éligibles de moins de 200 habitants, et être augmenté de 50 % pour les communes éligibles de 200 à 500 habitants.

Voir aussi : Agriculteurs élus : l’ICHN préservée

Rosanne Aries