L’Insee confirme ce 3 juillet 2020 la diminution du résultat net par actif non salarié agricole, après deux ans d’augmentation, en publiant les comptes provisoires de l’agriculture pour 2019.

L’institut de statistiques précise néanmoins que ces données pourront être réajustées en 2021.

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Revenu de l’activité agricole en berne

Le résultat net (1) par actif non salarié pour la branche agricole (2) diminue de 8,6 % par rapport à l’an dernier.

La Coordination rurale pointe du doigt dans un communiqué du même jour, un système « inconcevable » et « un secteur agricole sous perfusion » et demande « une juste et cohérente construction du prix agricole ». Pour cela le syndicat exige un prix de vente qui couvre les coûts de production, la prise en compte de la rémunération dans le calcul du coût de production ainsi qu’une Pac qui « régule les marchés et les prix ».

La FNSEA y voit quant à elle la traduction d’une « situation alarmante […] sur beaucoup de filières, qui cumulent baisse des volumes, baisse des prix, et sont soumises à une augmentation du coût des consommations intermédiaires ». Selon le rapport de l’Insee, celles-ci auraient augmenté de +1,2 % en un an sous l’effet de la hausse des prix, notamment des engrais (+9,4 %) et des aliments pour animaux (+ 3,0 %).

Impact des aléas climatiques

Le rapport de l’Insee précise également que la production de la branche agricole, hors subventions sur les produits, baissait en valeur de – 1,6 %. Bien que la production animale connaisse un rebond (+2,5 %), tirée par la hausse des prix de la viande porcine (21,5 %) consécutive à la demande chinoise ainsi que la hausse du prix de lait (+3,6 %), la production végétale diminue (-4,3 %).

Celle-ci est principalement impactée par la production viticole qui recule de 14,1 % en volume par rapport à l’an dernier à cause des conditions climatiques défavorables de 2019.

Pour les céréales, la hausse des récoltes a été accompagnée d’une baisse des prix. Le syndicat majoritaire souligne que la sécheresse a été « déterminante » dans la baisse des résultats et que les aléas « climatiques ou sanitaires sont de plus en plus fréquents ».

Il rappelle également le rôle de l’état de se doter d’un budget conséquent pour « permettre d’améliorer la résilience des exploitations agricoles […] par la modernisation des outils de gestion des risques climatiques et par l’investissement dans les équipements de prévention ».

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Inquiétudes pour 2020

De son côté, l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) s’interroge sur les impacts économiques à venir, alors que certaines filières ont particulièrement souffert de la crise sanitaire liée au coronavirus.

Son président Sébastien Windsor a notamment rappelé le plan stratégique national des chambres d’agriculture qui vise à « accompagner les filières dans les transitions économiques, sociétales et environnementales ». Pour cela, l’APCA souligne l’importance d’un «contexte économique stabilisé dans le cadre d’une politique commerciale européenne», une harmonisation des règles entre agriculteurs de l’Union européenne ainsi que le rapprochement entre producteurs et consommateurs.

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A. Gambarini

(1) Résultat net : production + subventions – impôts fonciers et autres impôts sur la production – consommations intermédiaires – consommation de capital fixe (= amortissements comptables) – rémunération des salariés – intérêts – charges locatives.

(2) La branche agricole comprend l’ensemble des exploitations agricoles (de grandes à très petites), ETA, Cuma et lycées agricoles.