Le Centre d’études et de prospective (CEP) du ministère de l’Agriculture s’est penché, dans un rapport publié le 13 janvier 2022, sur les raisons de la dégradation de l’excédent commercial agricole et agroalimentaire français. Ce dernier a dégringolé en dix ans, passant de 11,9 milliards d’euros en 2011 à 6,1 milliards d’euros en 2020.

Globalement, la croissance des importations est plus rapide que celle des exportations, même s’il y a des différences selon les marchés et les produits. Concernant les marchés, la France est devenue importatrice nette depuis l’Union européenne, mais se défend mieux à l’exportation hors UE, relèvent les auteurs.

Certains secteurs sont très exportateurs (vins et spiritueux, céréales, fromages), alors que d’autres sont fortement importateurs (fruits et légumes).

Perte de parts de marchés

Pourquoi les entreprises françaises perdent-elles des parts de marché ? Elles sont positionnées sur des marchés et des produits « peu dynamiques », analysent les auteurs. Les exportations françaises sont concentrées sur les économies « matures » (États-Unis, Japon, Europe occidentale) et sur du haut de gamme et des produits transformés à base de viande. Elles sont marginales sur les autres marchés (Afrique, la Chine et l’Asie du Sud-Est) et les secteurs plus dynamiques de la viande de bœuf et de porc.

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Les prix français plus élevés que les concurrents européens

Le poids des consommations intermédiaires (fertilisants, produits phytosanitaires, énergie, matériel) et le coût du travail pénalisent les agriculteurs et les industries agroalimentaires français par rapport à leurs homologues européens, souligne l’étude. Si la productivité s’est améliorée sur les exploitations, elle a eu tendance à se détériorer à l’aval.

Les auteurs avancent d’autres facteurs pénalisants pour la compétitivité des entreprises agricoles et agroalimentaires françaises : la fiscalité, l’exigence des politiques environnementales, le coût des services et une moindre structuration des filières.

Une situation « alarmante » qu’avait déjà pointée le sénateur de Haute-Loire, Laurent Duplomb, dans un rapport sur la place de l’agriculture française sur les marchés mondiaux, présenté au Sénat le 28 mai 2019.

Sophie Bergot