Le Covid-19 et ses confinements successifs ont profité aux produits français, plébiscités par les consommateurs de la grande distribution, a souligné la Fédération du commerce et de la distribution, FCD, dans son point sur « les relations de la grande distribution avec la filière alimentaire », publié le 18 mai 2021 à l’occasion de la semaine de l’agriculture française.

Le document relève également des « difficultés structurelles » importantes en amont de la filière, mais écarte leur lien avec les relations entretenues avec la grande distribution alimentaire.

La viande française est à l’honneur en GMS

93 %C’est la part que représentait la viande de bœuf française en GMS en 2017.

Les grandes et moyennes surfaces, GMS, commercialisent majoritairement de la viande française, contrairement à la restauration hors foyer, RHF, fait remarquer la FCD. « C’est particulièrement vrai pour la viande de bœuf » : en 2017, 93 % l’offre en viande bovine en GMS était française, contre 48 % en RHF, précise-t-elle.

Durant la crise sanitaire, la perte de débouchés sur certains marchés d’exportation et en RHF a lourdement impacté certains producteurs français. Mais elle a également entraîné une hausse de la demande en produits tricolores dans les GMS, notamment en viande bovine (veau inclus) : les ventes ont progressé de 1,4 % en 2020 (1).

Le secteur des fruits et légumes, quant à lui, affiche une balance commerciale structurellement déficitaire, mais « le poids des importations a reculé pour certaines catégories » avec la mise en avant des productions nationales, note la FCD. Le recours aux importations est toutefois « largement dépendant des niveaux de production » français et de leur saisonnalité, ajoute-t-elle.

L’agriculture française perd en compétitivité

Les coûts de production français sont structurellement élevés. La FCD pointe notamment du doigt le secteur des fruits et légumes, où les prix à la production français sont plus élevés que les prix des productions européennes, débouchant sur « un véritable handicap sur le plan de la compétitivité. »

Les écarts de prix à la production entre la France et l’Union européenne (27) sont parfois élevés à l’image du concombre, avec +75 % pour les prix à la production français. (Moyenne 2018 – 2019) © Fédération du commerce et de la distribution

La Fédération rappelle par ailleurs que les crises agricoles « sont d’abord des crises générales de marchés, […] les évolutions des cours agricoles étant désormais mondiales ».

Sur le plan international, la France est en perte de vitesse sur les marchés d’exportation. Deuxième du classement des exportateurs mondiaux de produits agricoles et alimentaires en 1990, elle sort du top 5 en 2015 et reste à la sixième place en 2019.

La grande distribution ne se sent pas la cause de tous les maux

« Les difficultés structurelles de l’amont agricole ne sont pas liées à ses relations avec la grande distribution alimentaire, estime la FCD. Contrairement aux idées reçues, [elle] est loin d’être le premier débouché des exploitants agricoles. Les exportations, industries de la transformation et restauration hors foyer [hors épisode de crise de 2020] comptent en effet parmi les débouchés structurels ».

Le poids des négociations commerciales annuelles dans les revenus des exploitants est quant à lui « particulièrement faible au regard de la place accordée au sujet sur le plan médiatique », ajoute la Fédération, citant comme exemples les filières laitières et bovines : 25 % des revenus globaux des exploitants laitiers proviennent des ventes en GMS, et 23 % pour les éleveurs bovins. 15 % des revenus sont concernés par les négociations annuelles dans la filière laitière, et moins de 10 % dans la filière bovine.

Raphaëlle Borget

(1) dans les GMS, magasins spécialistes et restauration hors foyer.

(2) 40 % des produits laitiers et plus de 40 % des steaks hachés vendus dans les GMS le sont sous les marques de distributeur, MDD, non concernées par les négociations annuelles.