« Quand on veut avoir les moyens de ses ambitions, on se retrousse les manches, et on met un paquet d’argent », a déclaré le ministre de l’Agriculture à l’occasion d’un débat organisé au Sénat, le 17 novembre 2020, sur les projets alimentaires territoriaux (PAT).

« Un sigle atroce qui ne veut pas dire grand-chose »

Dans le but de favoriser le lien entre les agriculteurs et les consommateurs, ces projets visent à relocaliser la production et à privilégier une alimentation saine et locale. L’idée avait été lancée en 2014, par Stéphane Le Foll qui programmait la mise en place de 500 PAT d’ici à 2020.

Malgré le manque d’engouement significatif en 2018, le gouvernement actuel a repris l’objectif à son compte. Mais deux ans plus tard, force est de constater que le vœu n’a pas été exaucé : 180 PAT ont vu le jour en 2020, dont seulement 38 reconnus par le ministère de l’Agriculture, selon le Réseau national pour un projet alimentaire territorial (RnPAT).

Pour Julien Denormandie, la « faille » tient au moins à deux points. « Les PAT pâtissent un peu du sigle absolument atroce qui leur a été donné. PAT, ça ne veut pas dire grand-chose. Ils pâtissent peut-être un peu aussi de cette accumulation de contrats, de plans et autres… Il y a une certaine réticence », a convenu le ministre sans toutefois les rebaptiser.

Un PAT par département d’ici à 2022

L’autre raison s’expliquerait par le manque de moyens engagés avant 2018 pour la mise en œuvre des PAT. « L’État, en 4 ans, avait décidé de faire de ces plans d’alimentation territoriaux quelque chose d’“important”, se souvient Julien Denormandie. Mais il les a financés à hauteur de 6 millions d’euros ! 40 000 puis 50 000 euros ont été mis sur quelques dizaines de PAT en 4 ans. Parce nous croyons à ces projets, nous passons de 6 millions d’euros sur 4 ans, à 80 millions d’euros sur 2 ans. »

Et l’objectif fixé par le ministre de l’Agriculture est revu à la baisse, puisqu’il ambitionne « un PAT par département » d’ici à 2022. « Nous allons les financer massivement, a-t-il poursuivi. Ma volonté est de booster leur déploiement. » Chaque PAT couvrira le territoire qui lui aura été défini. « Parfois, ce sont des systèmes géographiques très concentrés, parfois, c’est beaucoup plus large, c’est au territoire de le définir leur périmètre. » Les chambres d’agriculture sont chargées d’accompagner ce déploiement, a ajouté le ministre de l’Agriculture.

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Rosanne Aries