La loi relevant le minimum de pension de retraite agricole de 75 à 85 % du Smic net, soit 1 025 euros par mois (pour une carrière complète de chef d’exploitation), a été votée en juin dernier, avec une entrée en vigueur au 1er janvier 2022 « au plus tard ». Les retraités espéraient sa mise en œuvre dès le 1er janvier 2021, d’autant plus que la MSA a affirmé être en mesure de le faire.

« Réglé au plus tard le 1er janvier 2022 »

Questionné sur cette échéance par le député du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, lors de l’émission « Audience publique » proposée par la chaîne parlementaire le 16 novembre 2020, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie répond : « Ce sera réglé au plus tard le 1er janvier 2022. »

« Je ne peux pas être plus clair, ajoute le ministre. Pourquoi ? Parce qu’on a des questions de mise en œuvre des systèmes informatiques et techniques. […] Je travaille d’arrache-pied avec les services de la MSA et de la Cnav (Caisse nationale d’assurance vieillesse) pour qu’au plus tard, le 1er janvier 2022, on puisse le faire. Si on pouvait le faire avant, je le ferais avant. »

Julien Denormandie explique que la revalorisation ne dépend pas que de la MSA, mais de la compilation des données entre la MSA et la Cnav : « C’est ça qui prend du temps. » La main sur le cœur, il assure que « si on ne le fait pas avant le 1er janvier 2022, c’est uniquement pour une raison technique, mais pas budgétaire ».

Des propositions attendues en 2021 pour les conjointes

Des propos qui provoquent une énorme déception chez Roger Treneule, président de l’Anraf (Association nationale de retraités agricoles de France) qui poursuit son combat en faveur des conjointes et aides familiaux, écartés de la revalorisation.

Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2021 (PLF), les députés ont adopté un amendement de LREM relatif à ces petits retraités. « L’amendement vise à demander au gouvernement la remise d’un rapport, dans un délai de trois mois, permettant d’évaluer des améliorations pour la retraite des conjoints collaborateurs et des aides familiaux », détaille le député de la Dordogne, Olivier Damaisin, l’un des promoteurs du texte.

Une mission sur les petites pensions

Ce rapport gouvernemental pourrait venir appuyer la mission parlementaire sur les petites pensions des députés de LREM Lionel Causse et Nicolas Turquois. Ceux-ci devaient remettre leurs préconisations à la mi-septembre au Premier ministre. À cause de la crise sanitaire, l’expertise financière des mesures a été retardée.

Mais selon nos informations, il y aura bien des propositions relatives aux petites pensions (notamment agricoles), à l’harmonisation des règles entre régimes ou encore à l’information des retraités. S’il n’y a pas de visibilité sur la date de remise de la mission, celle-ci n’est pas abandonnée.

Aurore Cœuru