Sébastien Windsor a été élu président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) le 29 janvier 2020. Une élection sans surprise pour cet agriculteur de la Seine-Maritime spécialisé en polyculture et engraissement de porcs, qui occupait jusque-là le poste de premier vice-président. Sa candidature a été portée par la FNSEA et Jeunes Agriculteurs avec « l’appui » de la Coordination rurale, a précisé Christophe Hillairet, le secrétaire général de l’APCA lors d’une conférence de presse.

Il prend la suite de Claude Cochonneau décédé subitement sur son exploitation le 22 décembre dernier. Âgé de 49 ans et avec de multiples casquettes, Sébastien Windsor a annoncé qu’il abandonnait la présidence de l’Acta (les instituts techniques agricoles) et de Terres Inovia (institut technique de la filière des huiles et protéines végétales, ainsi que de la filière du chanvre). Il conserve la présidence de la chambre régionale d’agriculture de la Normandie et celle de l’école d’ingénieurs UniLaSalle. Il restera également administrateur du groupe Avril « pour garder un pied économique utile pour comprendre le fonctionnement des filières », a-t-il précisé.

« Nous n’avons pas le droit à l’échec »

S’engageant « dans cette mission avec les yeux qui brillent », Sébastien Windsor aura la tâche de mener la suite du plan stratégique jusqu’en 2025 des chambres d’agriculture dévoilé en juillet dernier et dont le sort financier avait temporairement été mis à mal jusqu’au mois d’octobre. « Nous n’avons pas le droit à l’échec. Nous avons une obligation de résultat, a-t-il insisté. Ce projet engagera toutes les chambres d’agriculture. Il n’est pas optionnel. Il nous engage pour 5 ans pour répondre à toutes les difficultés des agriculteurs et aux attentes de la société. »

Devenue première vice-présidente et seule femme du bureau de l’APCA, Christine Valentin a annoncé que les actions menées seront définies dans les jours qui viennent. « Chaque département va réfléchir pour faire remonter le nombre d’actions qu’ils porteront, a-t-elle précisé. Un tour des régions sera réalisé pour s’entendre sur ce plan stratégique. » Un conseil stratégique devrait être proposé à tous les agriculteurs.

« On n’a pas dit qu’il sera gratuit », a prévenu Sébastien Windsor, tout en insistant que « le vrai échelon pour accompagner l’agriculture est l’échelon départemental et infradépartemental. » Le réseau s’est également engagé à rencontrer toutes les intercommunalités dans les 3 ans qui viennent. « L’objectif est de renouveler le contrat avec les élus avec qui on travaille, et pour les autres qui seront élus après les élections municipales, de répondre à leurs demandes », a commenté François Beaupère, deuxième vice-président de l’APCA.

De l’éléphant au springbok

Interrogé sur la signature du contrat d’objectifs et de performance entre le gouvernement et les chambres d’agriculture définissant les missions de ces dernières, Sébastien Windsor a dévoilé qu’il n’y avait pour l’heure pas d’avancées. « On a envie de le signer mais pas à n’importe quel prix. Il faudra qu’il le soit au cours du premier semestre de cette année, a-t-il admis. Le gouvernement a été exigeant avec nous mais on le sera aussi avec lui. Nous attendons du gouvernement un engagement sur une stabilité financière ainsi qu’un accompagnement pour le changement de nos statuts. »

L’APCA a la volonté de faire évoluer le fonctionnement de son réseau afin de le faire rentrer « dans une ère de modernité », selon les mots de Christophe Hillairet, secrétaire général de l’APCA. « Nous sommes souvent vus comme un éléphant qui a l’avantage d’être robuste, a ajouté Sébastien Windsor. Notre enjeu aujourd’hui est de devenir un springbok, plus agile, sachant rebondir et plus efficace. » Une volonté que le lion gouvernemental ne peut qu’acquiescer.

Alexis Marcotte