À 68 ans, Guy Vasseur raccroche. Après avoir laissé la présidence de la chambre départementale d’agriculture du Loir-et-Cher en février dernier, il a annoncé à la presse ce 15, novembre 2016, son départ de la Présidence nationale des Chambres d’agriculture (APCA) avant la fin de son mandat. À ce poste depuis le 28 janvier 2010, il a été réélu le 20 mars 2013. Il a fait ce choix « sans pression, pour donner le temps à une autre équipe de se mettre en place ». À sa succession, il n’y aurait pour l’instant qu’un seul candidat, l’actuel vice-président Claude Cochonneau.

Satisfecit

Sur le bilan de ses deux mandats, Guy Vasseur est plutôt satisfait. Dernier dossier en date, le registre des actifs agricoles, « en train d’être calé et qui ne coûtera rien aux agriculteurs ». Un raté, quand même, sur le projet agroécologique de Stéphane Le Foll, qui a « braqué » la profession. Un problème de vocabulaire, selon Guy Vasseur, qui semble regretter de ne pas avoir participé à résoudre le malentendu.

« Nous aurions dû parler la même langue avec Stéphane Le Foll. Il aurait dû parler « d’agronomie »… Tout le monde est forcément pour le « 4 pour mille »». Mais à son poste à l’APCA, « on ne prend pas de position syndicale », tempère-t-il. À ce sujet, dans ses relations avec la FNSEA, il se souvient avoir eu avec Jean-Michel Lemétayer, une « connivence ». Avec Xavier Beulin, « ce n’est pas le même fonctionnement, mais il n’y a pas de problème ».

Quelques confidences

Quand on évoque les relations tendues entre la FNSEA et le ministre, c’est le cabinet de ce dernier qui en prend pour son grade : manque de concertation de la profession, défaut de performance pour gérer les retards de la Pac, positions (parfois) « doctrinaires »… Quant au ministre lui-même, il n’aura pas eu un mandat facile, accumulant les aléas économiques et climatiques, reconnaît Guy Vasseur. Et il aurait été aussi mal protégé des décisions de sa ministre (ou rivale ?) Ségolène Royale sur le dossier du glyphosate notamment.

Son programme

Pas d’engagement politique en vue, a-t-il affirmé. Il a seulement « donné son point de vue sur l’agriculture pour les candidats Alain Juppé et François Fillon ». Les autres ne l’ont pas sollicité et lui non plus d’ailleurs. Donc pour l’instant, « rien », seulement un retour au pays pour s’occuper de sa propriété et de sa famille. Au 1er décembre, il quittera son statut d’agriculteur.

Sophie Bergot