Former de hauts responsables à l’agriculture en tant qu’enjeu mondial, telle sera la mission de l’Institut des hautes études de l’agriculture (Iheda) qui verra peut-être le jour à Châlons-en-Champagne au sein de la Cité de l’agriculture de demain.

Le Conseil général de l’alimentation de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) détaille dans un rapport qui vient d’être mis en ligne ses recommandations pour une école d’un genre nouveau. Le projet s’inscrit dans les activités du collectif Planet A, qui souhaite répondre au double défi de l’alimentation mondiale et de la préservation des ressources.

S’inspirer des plus grandes

Sciences Po Paris ou École nationale d’administration : l’Iheda veut s’inspirer de l’excellence française. Au cours de leur tournée, les rédacteurs du rapport sont allés interroger des responsables de ces écoles, mais également des agences de communication, la présidente de la FNSEA, des membres de l’Académie d’agriculture, des responsables de coopératives, des chercheurs, ainsi que les chambres d’agriculture.

À l’issue de ces entretiens, les contours de l’institut se précisent. Il accueillerait environ 20 étudiants par an, âgés de 35 à 50 ans environ, pour une formation de vingt jours destinée aux « responsables de haut niveau ». Le projet souhaite piocher ses élèves dans toutes les structures et dans tous les pays, « pour un croisement des cultures et des expériences. ».

Producteurs sans visages

Une fois, les inspecteurs écrivent une seule fois le mot « agriculteur » dans ces pages consacrées aux enjeux agricoles mondiaux, même s’ils ont interrogé des organisations qui les représentent. Le document annonce même un objectif de « retisser les liens de confiance entre le monde agricole et la société ». La lecture détaillée de ce projet laisse toutefois planer le doute sur la force des liens qui se noueront entre l’école et les producteurs.

Le forum de Planet A, qui se tiendra à partir de demain à Châlons-en-Champagne, permettra de mesurer la capacité du collectif à rassembler l’ensemble des acteurs de la filière autour de ces enjeux essentiels.

Ivan Logvenoff