Les réactions d’indignation fusent depuis l’approbation du projet de loi autorisant la ratification du traité de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Canada (Ceta), le 23 juillet 2019, par l’Assemblée nationale.

La FNSEA, la Coordination rurale et le Modef dénoncent une totale incohérence entre le vote des députés concernant le Ceta et l’article 44 de la loi sur l’alimentation. Ce dernier, adopté il y a quelques mois par ces mêmes députés, interdit « de proposer à la vente […] des denrées alimentaires ou produits agricoles pour lesquels il a été fait usage de produits phytopharmaceutiques ou vétérinaires ou d’aliments pour animaux, non autorisés par la réglementation européenne ou ne respectant pas les exigences d’identification et de traçabilité imposées par cette même réglementation ».

Abstention dans la majorité

« Le gouvernement et sa majorité, pour partie indécise, ont décidé de désavouer les standards de qualité européens ! », fustige la FNSEA, qui regrette « l’indécision des 74 députés qui se sont abstenus ». « Ce sont les standards sanitaires, environnementaux et de qualité française et européenne, demandés chaque jour à nos agriculteurs, notamment faisant suite aux EGA, qui sont désavoués par ce vote », s’indigne le syndicat, rappelant que « les mensonges du gouvernement, notamment concernant les farines animales […] ont pourtant instauré le doute au sein de la majorité qui s’est en partie abstenue.

En effet, 52 députés de LREM et 6 députés du Modem se sont abstenus lors du vote 11 députés des deux groupes politiques ont voté en sa défaveur.

La Coordination rurale dénonce une remise en cause « de tous les efforts d’adaptation que les éleveurs ont réalisés depuis des décennies pour fournir aux consommateurs une viande saine et produite dans le respect des règles environnementales les plus strictes et du bien-être animal. Le syndicat prédit une baisse du prix de la viande bovine d’environ 16 % « quand les Canadiens rempliront leurs quotas ».

Pour la Confédération paysanne, membre du collectif Stop Tafta/Ceta, « jamais un arc de force aussi large, avec plus de 70 organisations de la société civile, ne s’était constitué » et « c’est une majorité fragilisée qui a ratifié le Ceta ». Le collectif clame qu’il faudrait « de toute urgence » réguler les échanges mondiaux « au nom du climat, de la santé, de l’emploi, d’une agriculture de qualité, et plus généralement au nom de l’intérêt général ».

Tous comptent sur les sénateurs qui devront aussi se prononcer sur le traité, à une date qui n’est pas encore définie.

Marie Salset