Les députés de la commission des Affaires Étrangères ont validé, le 9 juillet, le projet de loi autorisant la ratification de l’accord du Ceta, conclu entre l’Union Européenne et le Canada.

Plus tôt dans la journée, les députés se sont efforcés de rassurer, lors d’une conférence de presse, « face à une opposition très défavorable ».

En dehors des députés du Modem, qui ont souligné « l’importance stratégique majeure » du traité, tous les autres groupes politiques ayant fait pas de leurs « vives réticences », notamment concernant la question agricole.

Certains députés s’étaient rassemblés, dans la matinée devant l’Assemblée nationale, au côté de la FNSEA et de JA, pour dénoncer l’accord.

« Nous ne voulons pas que l’agriculture […] soit demain le secteur de l’économie sacrifié au nom d’un libéralisme sans barrière, sans régulation », a affirmé Pierre-Henri Dumont (LR). « Le gouvernement ment » en disant que le Ceta aura « peu d’impact sur la filière bovine vu les quantités », a-t-il affirmé, indiquant que son groupe votera contre si la discussion n’est pas rouverte sur ce sujet.

Pascal Brindeau (UDI et indépendants) a aussi dit craindre que l’accord remette en question « ce modèle agricole qui est le nôtre », indiquant que son groupe est partagé entre une « abstention vigilante » et un vote contre.

À gauche, Laurence Dumont (PS) a notamment dénoncé un texte « incompatible avec les accords de Paris » sur le climat.

Jean-Luc Mélenchon (LFI) a rappelé que sa formation était pour « en finir avec le libre-échange » et a pointé le « grand risque que ça tourne fort mal » pour la filière bovine.

Ce « mauvais » traité « menace notre environnement, menace notre agriculture et menace notre modèle social à long terme », a aussi critiqué Jean-Paul Lecoq (PCF).

« C’est l’accord de trop pour la filière bovine » et « les territoires de la France du vide », a aussi jugé Jean-Michel Clément (Libertés et Territoires).

Le projet de ratification sera examiné devant l’Assemblée nationale, le 17 juillet prochain. Gageons que les débats risquent d’être animés.

Marie Salset, avec l’AFP