C’est une réforme qui ravive les frustrations. Troisième assemblée de la cinquième République aux côtés de l’Assemblée nationale et du Sénat, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) n’a qu’un rôle consultatif auprès du Gouvernement et du Parlement.

20 conseillers pour le monde agricole

Un rôle que la Coordination rurale n’estime pas pouvoir suffisamment endosser. Dans un communiqué du 13 janvier 2021, le syndicat critiquait l’organisation du conseil composé de membres issus de plusieurs organisations ou associations. Parmi ses 233 conseillers, 20 sont chargés de représenter le monde agricole.

Ces représentants sont désignés par l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture, la FNSEA, Jeunes agriculteurs, la Coordination rurale et la Confédération paysanne. Mais chaque syndicat ne désigne pas le même nombre de candidat. Et tout le nœud du problème est là, selon le syndicat présidé par Bernard Lannes.

« Une répartition totalement injustifiable »

« Sur 13 postes réservés aux représentants des organisations professionnelles agricoles, 11 postes au duo FNSEA/JA, soit 85 % des postes pour une liste représentant au mieux 55 % des agriculteurs », estime la Coordination rurale, en se basant sur les résultats des syndicats majoritaires aux dernières élections des représentants des chambres d’agriculture de 2019.

« Venaient s’ajouter 7 postes attribués à l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), ce qui équivaut à autant de postes supplémentaires pour l’union FNSEA/JA », estime la Coordination rurale.

Au total, une « répartition totalement injustifiable de 18 postes sur 20 pour une union et de seulement un poste pour la Coordination rurale comme pour la Confédération paysanne », selon le syndicat, qui dénonce les règles de désignation mises en place depuis un décret du 29 juillet 2010.

La priorité aux agriculteurs

Avec la nouvelle organisation du Cese instituée par une loi organique publiée le 16 janvier 2021 au Journal officiel, la Coordination rurale tente le forcing auprès du Premier ministre et du ministre de l’Agriculture. Alors que le nombre de sièges de conseillers va passer de 233 à 175, le syndicat leur réclame « au moins 3 postes sur les 15 disponibles » pour le secteur agricole.

La Coordination rurale souhaite également qu’ils soient occupés seulement par des agriculteurs, l’organisation syndicale n’appréciant pas de voir Catherine Lion, ancienne directrice générale de la FNSEA, siéger au Cese.

Alexis Marcotte