C’est un « coup de gueule » contre le gouvernement qu’ont adressé les chambres d’agriculture le 30 septembre. L’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) lui reproche de ne pas garantir la stabilité de leurs budgets pour les trois prochaines années.

« C’est extrêmement décevant »

« On n’arrive pas à avoir un engagement de l’État sur la trajectoire budgétaire. C’est extrêmement décevant. On ne demande pas d’augmentation. On cherche juste un engagement de stabilité pour continuer à se donner les moyens de tout ce qu’on a entrepris », a estimé Sébastien Windsor, président des Chambres d’agriculture, lors d’une conférence de presse. Une condition qu’il a posé pour la signature du prochain contrat d’objectifs qui doit lier les chambres au gouvernement jusqu’en 2025.

« Il y a un risque que les chambres arrêtent de se moderniser et commencent à faire des économies et tailler dans les budgets », a-t-il ajouté. Si la stabilité est garantie dans le projet de loi de finances pour 2022, les Chambres d’agriculture veulent la voir inscrite dans un engagement pluriannuel jusqu’en 2025.

En raison d’un glissement vieillesse technicité (évolution de la masse salariale calculée en fonction des avancements et de l’ancienneté du personnel) en hausse de 1,7 %, le président de l’APCA a expliqué que les chambres verraient, à terme, leurs budgets diminués sans cet engagement budgétaire de l’État.

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Des difficultés à recruter

Au sein du gouvernement, seul le ministre de l’Agriculture soutient la demande selon Sébastien Windsor qui a échangé avec Julien Denormandie la veille. Pour le président de la tête de réseau, le reste du gouvernement n’a pas perçu les changements opérés au sein du réseau au cours des dernières années et conserve « une volonté de se préserver pour pouvoir porter une rigueur budgétaire forte l’année prochaine (NDLR : sur tous les budgets publics), y compris en baissant le budget des chambres ».

« On veut accompagner le conseil stratégique phytosanitaire. Pour cela, il faut qu’on recrute 100 personnes, a souligné Sébastien Windsor. Si on veut le faire efficacement, il faut qu’on ait les moyens de recruter les bons techniciens, de les payer et pour cela, la visibilité budgétaire nécessaire. »

Pour autant, cela ne suffira pas. Les chambres d’agriculture éprouvent aussi des difficultés structurelles à recruter en raison d’un « cadre de recrutement pas très sexy pour les jeunes », estime le président des Chambres d’agriculture. Il demande la modernisation du statut des collaborateurs en y apportant plus de flexibilité et de mobilité.

La balle est dans le camp du Premier ministre

Après ce coup de gueule, les chambres espèrent convaincre le gouvernement, et en particulier le Premier ministre qui devra arbitrer cette question budgétaire intéressant particulièrement le ministère de l’Agriculture et celui de l’Économie et des Finances.

« On réfléchit sur la façon dont on va partager ça plus largement. Je pense qu’on aura besoin d’aller chercher tous les soutiens possibles. Mais on y croit encore », a assuré Sébastien Windsor.

Alexis Marcotte