Alors que le gouvernement peaufine son plan d’actions interministériel de lutte contre le mal-être des agriculteurs, il négocie dans le même temps en faveur de la baisse des moyens de la Mutualité sociale agricole, nous a appris le 30 juin 2021, le député Olivier Damaisin lors d’une conférence sur la prévention du suicide chez les agriculteurs.

« Beaucoup de députés vont vous défendre »

« C’est bien de dire qu’il faut aider, qu’il faut être plus présent pour les agriculteurs, mais si on baisse les moyens de la MSA, je ne vois pas comment nous allons faire », a réagi le parlementaire de la République en marche.

« Alors que la convention d’objectifs et de gestion 2021-2025 (COG) est en cours de négociation, on entend parler d’une suppression de 1 500 postes. Je peux vous dire que beaucoup de députés ne sont pas d’accord, et nous serons là, à vos côtés, pour vous défendre », a-t-il indiqué aux membres du Conseil de l’agriculture française (CAF), à savoir la FNSEA, Jeunes Agriculteurs (JA), les chambres d’agriculture (APCA) et la MSA.

« Bien sûr, il faut faire des économies, mais cela signifie un équivalent de suppression de 4 ou 5 caisses de la MSA. On ne peut pas vouloir le bien-être des agriculteurs tout en supprimant les moyens », a renchéri le député de la majorité.

Des moyens humains et financiers en jeu

Jean-François Fruttero, administrateur de la caisse centrale de la MSA, a dans la foulée salué ce soutien parlementaire, ainsi que celui du CAF. « C’est vrai qu’il y a une négociation sur les moyens humains de la MSA qui sont en cours, mais également sur ses moyens financiers pour fonctionner sur tous les territoires, a-t-il précisé. Et nous avons en effet besoin de maintenir les deux. C’est un moment extrêmement important que cette négociation. »

Dans un communiqué daté du 30 juin 2021, les représentants des organisations patronales, syndicales et familiales de la MSA (FNSEA ; CFE-CGC, FGA-CFDT, Fnaf-CGT, FO ; Unaf) ont appelé le gouvernement à « inscrire les missions de prévention du mal-être et du suicide dans la nouvelle convention d’objectifs et de gestion (COG) » et à augmenter les budgets spécifiques.

Rosanne Aries