Le secteur de la viande britannique s’alarme de l’impact du Brexit, trois mois après la sortie effective du Royaume-Uni de l’Union européenne, dénonçant la « faiblesse systémique du système actuel d’exportations, une montagne de formalités et la perte potentielle de 20 à 50 % des échanges ».

Un coût additionnel entre 90 et 120 millions de livres par an

Dans un rapport publié le 24 mars 2021, l’Association des producteurs de viande britannique évalue le coût additionnel du Brexit entre 90 et 120 millions de livres par an pour le secteur.

Elle note que les complications administratives augmentent parfois de trois jours le temps nécessaire pour obtenir le feu vert des autorités européennes pour exporter, ce qui « réduit la durée de vie et la valeur de la viande ».

Coûts obligatoires en plus

Le rapport décrit aussi « le coût des déclarations de douane, des agents de douane, des expéditeurs de fret, des inspections vétérinaires supplémentaires » obligatoires depuis que le Royaume-Uni est devenu un pays tiers pour l’Union européenne. Tout cela rend « certaines exportations non viables » sans même parler des « coûts d’assurance plus élevés pour les chargements, de personnel qui doivent s’occuper de ces formalités », etc.

Des problèmes dénoncés également par d’autres secteurs d’activité, qui décrivent l’impact brusque du Brexit sur leurs échanges avec l’Union européenne, en dépit de l’accord de libre-échange signé juste avant Noël entre Londres et Bruxelles. Les éleveurs de saumon écossais chiffraient par exemple à la fin de février leurs pertes à déjà 11 millions de livres, certaines sociétés ayant déjà annoncé mettre la clé sous la porte.

En attente de solutions durables

Selon l’association des entreprises manufacturières britanniques Make UK, plus d’un tiers de leurs membres disaient au début de mars avoir perdu des ventes depuis le 1er janvier. Tout cela se traduit par « des annulations de commandes de clients dans l’Union européenne à cause de craintes de coûts supplémentaires et des délais de livraison en hausse ».

« Les obstacles aux exportations auxquels nous faisons à présent face sont maintenant pleinement apparents et ne vont pas disparaître. Nous avons besoin que le gouvernement reprenne d’urgence des discussions avec le secteur et l’Union européenne pour trouver des solutions détaillées et durables », enjoint Nick Allen, le directeur général de l’association.

Le gouvernement britannique a pour l’instant minimisé ces problèmes, les décrivant comme liés à la mise en place du nouveau système et voués à disparaître rapidement. « Qualifier les perturbations à la frontière de simples problèmes de mise en place de court terme n’est plus crédible », conclut pour sa part l’association.

Avec l’AFP