Cédric Villani, député LREM de l’Essonne et médaillé Fields a présenté au mois d’avril son rapport sur l’intelligence artificielle (IA) au Président de la République. L’agriculture y tient une place de choix. La raison est qu’au quotidien, énormément de paramètres entrent en compte dans les décisions que prennent les agriculteurs.

L’agriculture devient alors un terrain très favorable à la mise en place de plateformes et des solutions d’IA. Mais comme le mathématicien le rappelle ce jeudi devant un large public, « la donnée d’un seul individu est inutile, mais une fois les données d’un groupe d’individus rassemblées, leur potentiel est énorme ».

Croiser les données de Filières

Pour les agriculteurs, ces solutions se présentent comme des algorithmes capables de les aider à anticiper les risques, d’être plus près du végétal et de se réadapter en permanence à leurs climats économiques et écologiques. Il est donc nécessaire de voir naître des plates-formes d’échanges et de croisement des données.

Jérémie Wainstain, fondateur de The Green Data propose pour être plus pertinent de « regrouper puis croiser les données par filières ». Pour ce faire, il faudra donc réunir les bases de données liées à chaque intermédiaire. C’est là que le terrain devient glissant. Comment et où récupérer les données ? Et par quels moyens les mettre en commun pour que cela puisse profiter aux agriculteurs, aux différents acteurs et aux consommateurs ?

Faire preuve de patriotisme

Le député de l’Essonne parle d’une ouverture au cas par cas des bases de données détenues par des organismes privés tels que les banques, l’agro-industrie ou les instituts car les niveaux de propriété sont différents. Il souhaite dans un même temps, renforcer et encourager la prise d’initiatives pour la mise en commun des données de chacun en levant notamment des leviers juridiques.

Puis, pour ce qui est de confier l’hébergement et le traitement de ces données, les gouvernements de l’union européenne devront faire preuve de « patriotisme économique » pour apporter ou choisir des solutions. Si elles ne sont pas françaises, elles devront, à minima, être sous pavillon européen afin de pouvoir rester maîtres de notre économie numérique.

Les agriculteurs doivent rester maîtres de leurs données

Jean Baptiste Moreau, député de la Creuse et agriculteur, rappelle qu’avant tout, « ces bases de données et ces algorithmes devront rester bénéfiques à ceux qui les produisent ». Comprenez les agriculteurs. Il faut donc mettre en place des moyens pour accompagner les producteurs vers ses solutions d’intelligence artificielle. Et dès le début, avoir un partage équitable de la valeur crée par ces données pour tous les acteurs.

L. Coassin