La productivité du travail en agriculture a augmenté de 5 % par an depuis les années 1950. C’est l’augmentation la plus rapide de tous les secteurs de production, mais cette évolution a pesé sur les prix agricoles, a rapporté Sophie Devienne, professeure d’agriculture comparée et de développement agricole à AgroParisTech, lors d’un débat à l’Assemblée nationale, le 3 mai 2021.

Sur le long terme au-delà de la loi de l’offre et de la demande et du partage de la valeur dans la chaîne agroalimentaire, « c’est l’évolution de la productivité du travail agricole en France et dans les pays proches de la France qui jouent un rôle très important sur les prix », selon Sophie Devienne. « Les lois de l’économie sont telles que quand on a une augmentation de la productivité, on a une baisse du prix. »

L’opportunité de la transition agroécologique

Sophie Devienne considère que produire plus n’est plus la seule solution pour améliorer la rémunération des agriculteurs. « La transition agroécologique est une vraie chance car elle permet, grâce à la régulation écologique, de réduire les coûts et de préserver un taux de valeur ajouté important par rapport à la production. Elle est intéressante sur le plan de l’environnement mais aussi d’un point de vue économique et social. »

L’experte rapporte que les systèmes laitiers de type robot de traite — ensilage de maïs — 10 000 l produits par vache, atteignent 20 % de valeur ajoutée sur le produit brut alors que les systèmes agroécologiques pâturant atteignent plus de 50 % de valeur ajoutée sur le produit brut.

« Il y a une vraie question à poser sur les modèles de production », estime Sophie Devienne. Et de préciser que l’agroécologie n’est pas forcément liée au fait que l’exploitation soit convertie à l’agriculture biologique.

Marie Salset