L’affaire a débuté le 22 septembre 2020 avec, à l’origine, une chasseresse : la jeune femme a posté sur son profil personnel Facebook une photo d’elle, avec un message à la gloire de la chasse. S’en est rapidement suivi un raz de marée de commentaires. À ce jour, elle enregistre 10 498 commentaires, de soutien comme de menace. Parmi ses détracteurs, un homme dont le profil indique qu’il est technicien de la MSA. Celui-ci, croyant reconnaitre un agriculteur parmi les « amis » de la jeune femme, s’en prend à lui et le menace de retrouver ses coordonnées à partir de son nom.

Le technicien de la MSA publie alors plusieurs captures de l’écran de son ordinateur sur lequel apparait le logo de la MSA, et indique être en mesure de vérifier son propos « exploitant agricole au réel, forfait, cotisant solidaire, prestations familiales, retraite, santé, fraude, déclarations de revenus BA positif ou déficitaire… On connait tout de vos vies même en étant végan ». Il va jusqu’à ironiser sur le sort des agriculteurs en difficultés : « Le nombre d’adhérents pour lesquels je traite leurs dossiers et qui sont dépressifs limite de se passer la corde… ». Il attaque également la FNSEA et la MSA, alors que son nom apparait clairement dans son profil.

En arrêt de travail

Interrogée par la France Agricole à propos de ce technicien, la directrice de la MSA Bourgogne, Armelle Rutkowski, a reconnu le 7 octobre 2020, que cet homme travaillait depuis plusieurs années au sein de la Mutualité sociale agricole. « En début de semaine dernière, j’ai été alerté par des échanges plus qu’inappropriés sur les réseaux sociaux, mettant en cause un de nos salariés. J’ai diligenté une enquête en interne immédiatement, afin de vérifier la situation. Ce salarié est en arrêt de travail. Je ne peux donc pas lui demander directement ce qu’il en est. Nous lui avons envoyé un courrier auquel, pour le moment, il n’a pas répondu. »

A-t-il lui-même écrit ses messages ? Si les faits sont avérés, des sanctions seront prises, assure la directrice. « Dans le cadre de nos missions de service public, nous sommes soumis à la fois au secret professionnel et au devoir de réserve. Et nous sommes particulièrement attachés à la protection des données de nos adhérents. Ces données sont très privées, c’est la raison pour laquelle nous mettons des dispositifs de sécurité extrêmement forts. Si les faits sont avérés, je serai intraitable. »

En raison de la mise en place du télétravail dans l’organisme social, l’homme dispose d’un accès à distance de son poste. Parmi les 500 salariés qui travaillent à la MSA de Bourgogne, c’est la première fois que cela arrive, souligne la directrice.

Rosanne Aries