Alors que l’année 2020 s’est présentée comme une année de crises sanitaire et climatique, Groupama annonce que le « dérèglement climatique est en route » et souligne l’importance d’appliquer la nécessaire réforme des outils de gestion des risques. « Les assureurs ont du mal à être au rendez-vous du défi climatique », souligne Jean-Yves Dagès, président de Groupama, lors de la « conférence de presse de rentrée » de Groupama.

La volonté d’appliquer le règlement omnibus

La proposition portée par le député Descrozaille auprès ministre de l’Agriculture d’appliquer le règlement omnibus séduit l’assureur. Il s’agirait d’abaisser la franchise de l’assurance multirisques climatique (MRC) à 20 % (contre 30 % actuellement) et d’augmenter la part subventionnée à 70 % (contre 65 % aujourd’hui).

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« Si ce règlement est mis en place, nous améliorerions la couverture des assurés parce que les pertes de 20 à 25 % représentent 30 % de nos sinistrés », expose Delphine Létendart, directrice du marché agricole chez Groupama. L’assureur s’engage à modifier rapidement ses dispositifs dès le retour positif du ministre de l’Agriculture sur l’application du règlement omnibus.

100 000 dossiers de sinistres en 2020

Le nombre de dossiers traités par Groupama témoigne aussi de l’importance du défi climatique pour les assureurs. Lors de cette conférence le groupe a ainsi présenté les chiffres de MRC pour 2020. Une fois encore, et ce depuis cinq ans, le ratio sinistre sur prime, qui est le rapport entre le montant des indemnisations versées et le montant des primes d’assurance payées par les clients, est supérieur à 100 %. Delphine Létendart l’estime à 120 %. « Une valeur qu’il conviendra de confirmer lorsque tous les sinistres de 2020 seront réglés », précise-t-elle.

Au total, l’assureur s’est occupé de plus de 100 000 dossiers de sinistres MRC sur l’année 2020, dont 61 % consacrés à la sécheresse. « La quasi-intégralité de ces dossiers est portée par les grandes cultures », souligne la directrice.

Le gel marquera 2021

Même si cet aléa a fortement marqué l’année 2017 en viticulture, Groupama reconnaît l’exceptionnalité de l’épisode de gel d’avril 2021. « On est sur un événement dont l’intensité sera plus élevée probablement que celle qu’on avait connue en 2017 et donc on se projette sur un événement qui nous coûtera, pour nous Groupama, plus de 100 millions d’euros », a déclaré Delphine Létendart.

« Il est encore trop tôt pour connaître l’impact précis de cet épisode, tempère toutefois Delphine Létendart. Néanmoins, 80 % de nos assurés en viticulture ont fait une déclaration de sinistre, soit plus de 100 000 ha. En betteraves, 20 % de nos surfaces assurées — soit 20 000 ha — ont eu recours à la garantie ressemis. […] Il s’agit probablement de l’épisode le plus lourd depuis que l’assurance récolte existe. »

Alessandra Gambarini