Le gouvernement a finalement reporté l’installation des conseils municipaux et l’élection des maires prévues entre le 20 et le 22 mars 2020. Les maires en place et leurs équipes vont donc devoir assurer une gouvernance intérimaire jusqu’à la mi-mai. Comme dans toutes les communes où un conseil municipal a été élu au premier tour des élections municipales le 15 mars 2020, la désignation du maire de Saint-Félix-de-Villadeix, commune de 327 habitants de la Dordogne, attendra donc.

Lors du premier tour, les villageois ont élu onze conseillers dont quatre nouveaux. Le maire Philippe Gondonneau ne se représentait pas pour des raisons de santé et il a sollicité l’éleveur Arnaud Bourgeois pour lui succéder. « Ce report est une bonne décision même si nous allons rentrer dans une période compliquée, estime Arnaud Bourgeois. C’est la meilleure : certains souhaitaient donner des procurations et ne voulaient pas se réunir. Mon prédécesseur reste en poste et la passation ne peut pas se faire parce qu’il ne peut pas y avoir délibération du conseil. »

Préparer l’avenir

Arnaud Bourgeois travaille en bonne intelligence avec le maire sortant pour que tout se passe bien. « On ne peut pas tenir de réunions, rencontrer les gens, poursuit-il. Nous travaillons au téléphone, par mail sur les affaires en cours. Heureusement, il n’y a pas d’urgence dans les dossiers qui nécessiteraient une action immédiate. Il me tient informé. Officiellement, les décisions lui appartiennent, mais il me demande mon avis. J’ai entièrement confiance en lui. »

« La situation est inédite. On demande aux équipes de prolonger de deux mois, poursuit-il. Cela n’a rien d’évident, y compris pour les administrés, car les anciens sont sur le départ, et les nouveaux ne sont pas en poste alors qu’ils sont élus. Il subsiste des inconnus. Le budget devait être prêt pour la mi-avril. » Arnaud Bourgeois souhaite profiter de cette période pour préparer les choses avec les conseillers municipaux, préparer l’avenir et la prise de responsabilités de chacun.

Poursuivre l’activité de l’exploitation

En parallèle, Arnaud Bourgeois doit continuer à gérer son exploitation qui subit les premières incidences liées au coronavirus Covid-19. Sa production de viande et de volailles, produite et transformée sur l’exploitation, est commercialisée en vente directe. La clientèle de restaurateurs ne peut plus travailler. Les livraisons chez les particuliers ont diminué par mesure de précaution, si bien que les animaux doivent demeurer plus longtemps sur la ferme.

Claude Hélène Yvard