Lors d’un point de presse en date du 6 mai 2020, la FNSEA a dévoilé le manifeste « Pour une souveraineté alimentaire solidaire ». Il s’agit d’un plan stratégique pour penser l’agriculture d’après-crise du Covid-19, basé sur « les leçons tirées de la crise sanitaire », comme l’a expliqué sa présidente, Christiane Lambert. 4 axes de réponse sont ainsi proposés.

Un pacte entre citoyens et agriculteurs pour assurer une croissance durable de l’agriculture

La FNSEA souhaite qu’un pacte de confiance soit établi entre les agriculteurs, les citoyens et l’État. Elle attend des engagements de la part des trois parties.

Elle souhaite que les agriculteurs s’engagent dans la transition écologique pour apporter des solutions durables face au changement climatique mais également pour développer la biodiversité et des circuits de distribution avec une meilleure répartition de la valeur.

Le syndicat majoritaire attend de la société française un accompagnement à la transition mise en place par l’agriculture. Il appelle à un dialogue constructif plutôt que stigmatisant et à ce que les agriculteurs soient placés en situation de vivre dignement de la vente de leurs produits, afin de répondre toujours mieux aux attentes sociétales.

La FNSEA demande à l’État un accompagnement financier et réglementaire afin de permettre à l’agriculture de produire pour toutes les gammes et de cesser « la politique exclusive de montée en gamme » et souhaite un accompagnement de toutes les exploitations agricoles dans la transition écologique.

Elle appelle aussi à une politique ambitieuse concernant l’économie circulaire et à ce que l’État s’appuie sur la recherche et l’innovation pour trouver les réponses permettant de soigner les plantes et les animaux.

Une réorientation des politiques publiques

Pour la FNSEA, une application pleine et stricte de la loi Egalim est nécessaire afin qu’un juste partage de la valeur soit respecté. Elle souhaite aussi que des objectifs de production soient fixés par filière, au sein même des interprofessions et que les politiques publiques permettent aux exploitations davantage de compétitivité et de résilience. La complexité administrative doit, selon le syndicat, être réduite.

Il réclame aussi une politique en faveur des territoires permettant des implantations économiques, et de conforter ou reconstruire des filières et valoriser les métiers et formations agricoles.

Ces exigences nécessitent des moyens. La FNSEA les attend « à la hauteur des ambitions », en excluant une baisse du budget Pac, qui « n’est pas une politique has been mais bien une politique destinée aux 450 millions de consommateurs européens », précise Christiane Lambert.

Faire de la souveraineté alimentaire un enjeu stratégique pour la France et l’Europe

« La France et l’Europe doivent repenser leur attitude face à la mondialisation, sans que ce soit un repli sur soi », a expliqué la présidente de la FNSEA. Le syndicat souhaite que la France produise suffisamment pour le marché interne et soit présente dans les échanges internationaux, mais à des conditions équitables.

Le manifeste rappelle que « le développement du commerce international est indispensable car il est impératif que la France et l’Europe participe à l’équilibre alimentaire mondial et que l’exportation agroalimentaire est une clé de la balance commerciale excédentaire française, qui crée de la richesse et de l’emploi ».

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Plus d’Europe

Pour le syndicat majoritaire, le futur de l’agriculture se joue à l’échelle européenne. Il souhaite que la Pac fixe un objectif de production pour garantir une alimentation pour tous et que la diversité des formes d’agriculture soit considérée.

Pour la FNSEA, « plus d’Europe, c’est aussi réduire d’urgence les distorsions internes à l’UE et aller vers plus d’harmonisation fiscale, sociale et environnementale ».

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B. Quantinet