Les entreprises de l’industrie agroalimentaire représentées par l’Ania demandent une augmentation de 9 % du prix des denrées alimentaires pour tenir compte de la forte hausse des prix et de la disponibilité des matières premières agricoles, selon un communiqué publié le mardi 8 juin 2021.

Une augmentation de 9 % nécessaire

« Dans un contexte de déflation persistante » des prix dans les grandes et moyennes surfaces (–0,3 % en 2020, selon le panéliste IRI), « les tensions sur le prix des matières premières affectent considérablement la santé financière des industries agroalimentaires, traduisant un double décrochage de compétitivité, en France et en comparaison internationale », explique l’Association nationale des industries alimentaires.

Dans ce contexte, « les entreprises interrogées par l’Ania remontent un besoin tarifaire de 9 % en moyenne toutes catégories confondues, ce qui traduit l’urgence de la situation ». Dans le détail, elles réclament d’augmenter le prix des produits laitiers de 11 %, celui des plats préparés de 8 %, et les huiles et les graisses de 50 %.

Dans un communiqué diffusé le 9 juin 2021, les filières françaises des industries des corps gras estiment que l’inflation des huiles qui composent majoritairement les margarines et autres matières grasses associées est « plus que palpable » : +130 % sur l’huile brute de tournesol, et des prix multipliés par deux sur l’huile brute de colza. Aussi, « des répercussions inévitables sont d’ores et déjà à prévoir sur les prix de ces produits finis », alertent-elles.

Flambée des prix mondiale

Les prix mondiaux des produits alimentaires ont bondi en mai 2021 de près de 40 % sur un an, atteignant leur niveau le plus haut depuis septembre 2011, avait annoncé la semaine dernière l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La hausse enregistrée en mai s’explique par la flambée des prix des huiles végétales, du sucre et des céréales, ainsi que par le raffermissement des prix de la viande et des produits laitiers, expliquait la FAO.

« Aujourd’hui, la notion d’inflation alimentaire raisonnée et raisonnable ne doit plus être taboue », plaide encore l’Ania, pour qui « l’alignement de l’inflation alimentaire à un niveau comparable à l’inflation globale (1,4 % en mai) se traduirait par un coût d’environ 2 euros par ménage et par mois, le poste alimentaire ne représentant plus que 10 % du budget global des ménages en 2021. »

Avec l’AFP