La guerre des chiffres se poursuit. Et c’est au tour de Stéphane Le Foll de sortir du bois. Ce 1er août 2017 sur l’antenne d’Europe 1, il réagit à « l’impasse financière de près de 853 millions d’euros » pour le financement du deuxième pilier de la Pac, évoquée le 26 juillet par Stéphane Travert, l’actuel ministre de l’Agriculture.

L’ancien porte-parole du Gouvernement réfute non seulement ce montant, « 800 millions d’euros… C’est totalement faux », mais aussi l’idée d’un « manque ». Pour lui, il s’agit d’ajustements budgétaires, destinés à satisfaire des demandes, « plus que ce que l’on avait prévu », d’aides bio et de mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC).

400 millions d’euros à trouver

Dans une tribune parue sur le site du Huffington post, l’ancien ministre de l’Agriculture évalue ces « ajustements » à 400 millions d’euros. Une somme qui permettrait, selon lui, de couvrir le développement de l’agriculture bio, « qui a connu et on doit s’en féliciter un véritable boom en cinq ans ». Le budget consacré à ce secteur, qu’il précise avoir doublé, a « explosé ».

Par ailleurs, « les MAEC ne cessent d’être demandées par les agriculteurs, donc ça, aussi, nécessite du financement, plus que ce l’on avait prévu. Eh bien, il faut assumer politiquement. Et ne pas rejeter cette responsabilité sur le dos de l’ancien ministre. La contrainte budgétaire pèse sur tout le monde, résume-t-il. Ce qui implique des choix capables de soutenir nos agriculteurs. »

Le transfert entre les piliers était prévu

Stéphane Le Foll estime que « le bouclage du budget peut se faire et était prévu en sollicitant de manière modérée le premier pilier, celui des aides à l’hectare qui représente une enveloppe annuelle de plus de 7 milliards d’euros. Rien n’est donc impossible à qui veut bien regarder les choses en face sans polémiques inutiles mais avec des choix clairs. »

Rosanne Aries