Que souhaite faire la DDT avec ces fossés ? Les reclasser en cours d’eau, avec à la clé la contrainte pour les agriculteurs de réaliser des zones tampons de part et d’autre. Pourtant, selon Laurent Champenois, secrétaire général adjoint de la FDSEA de la Marne, ces fossés ne respectent pas les trois critères établit pas le ministère de l’Écologie pour être classés comme cours d’eau : l’alimentation par une source naturelle, un écoulement d’eau courante dans un lit naturel à l’origine et un débit suffisant plus de plus mois de l’année.

Le mur de l’incompréhension

Pendant la réunion où ce sujet était discuté, une trentaine d’agriculteurs ont fermé le parking de la DDT par un mur de parpaings. Cette action a eu l’effet escompté car il a été convenu à l’issue de la réunion de rediscuter zone par zone du reclassement des fossés avec les différents acteurs concernés. Laurent Champenois sort plutôt satisfait de cette action car une possibilité d’échanger et d’étudier les différents cas s’ouvre à nouveau. Cependant, il n’exclut pas de revenir à la DDT si la situation l’exige.

Les autres revendications

La FDSEA et JA en ont profité pour présenter une autre revendication à la DDT : celle des retards de paiement des différentes aides. 200 exploitations n’ont toujours pas reçu leur acompte des aides Pac. Ce montant, qui représente 70 % du total des aides et qui peut s’élever jusqu’à 50 000 €, doit normalement être versé pour le 15 octobre. Ces agriculteurs sont d’ailleurs ceux qui ont été contrôlés dans le cadre des surfaces d’intérêt écologique (SIE).

Certains dossiers d’aide concernant les mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) et l’agriculture biologique datant de 2016 et 2017 n’ont toujours pas été soldés non plus. Enfin, les aides du plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAE) sont aussi touchés. Ces subventions sont attribuées pour financer des investissements que les agriculteurs ont déjà réalisés. Deux institutions, la DDT et la Région, interviennent dans l’instruction de ces dossiers et se renvoient la balle, d’après la FDSEA.

Le manque de communication

La FDSEA ne reproche pas seulement le retard des paiements à la DDT mais aussi le manque de transparence et de communication autour de ces problèmes. Les agriculteurs qui n’ont pas reçu leur aide n’ont pas été prévenus et ne savent pas quand elles seront versées. La FDSEA demande que toutes les aides (acompte Pac et aide PCAE, MAEC et bio) de cette année et des années antérieures soient versées avant le 31 décembre 2018.

Face à cela, la DDT affirme qu’elle fait tous les efforts pour accélérer les dossiers. Des échéances de traitement ont déjà été remises ce matin à la FDSEA

R.H.