Selon le communiqué du ministère de l’Agriculture, en date du 30 octobre 2019, le taux de transfert actuel de 7,5 % de crédits sur premier vers le second pilier de la Pac est suffisant pour couvrir les besoins jusqu’à la fin de la programmation. C’est pourquoi la décision a été prise, lors du comité État-Régions du 30 octobre, de ne pas augmenter ce taux. Mais dans une lettre ouverte datée du 31 octobre 2019, la Confédération paysanne soutient le contraire, et demande à Didier Guillaume de revenir sur sa décision.

Une urgence pour l’agriculture

« La transition agricole est une urgence et l’agriculture française ne peut plus attendre », plaide le syndicat. Selon lui, cette transition est notamment nécessaire « pour faire face au changement climatique et améliorer la résilience des fermes ». Elle rappelle aussi les objectifs gouvernementaux en termes de bio et soutient que « le second pilier manque cruellement d’argent pour financer l’aide à la conversion et au maintien de l’agriculture biologique, alors que le gouvernement affiche une volonté d’atteindre 15 % des surfaces en bio en 2022 et 20 % en restauration collective. Il en est de même des mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) ».

Des miettes en 2018

En 2018, l’ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Travert avait fait passer le taux de transfert de 3,3 % à 7,5 % pour financer les besoins du second pilier, mais l’ICHN avait capté l’essentiel de ces 615 millions d’euros (M€). Seule une enveloppe d’environ 40 M€ avait été laissée aux Régions pour couvrir notamment la bio et les MAEC, alors que les Régions demandaient 180 M€ et que la Fnab estimaient les besoins sur la bio au minimum à 140 M€ par an jusqu’en 2020…

Stopper la cavalerie budgétaire

La Confédération paysanne, qui avait déjà déploré un taux de transfert inférieur aux besoins en 2018, en appelle à la « responsabilité » du ministre pour faire, cette fois, le bon choix : « La cavalerie budgétaire, qui consisterait à consommer par anticipation les budgets de la période suivante, n’est pas une posture responsable », critique-t-elle.

B. Lafeuille