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Stéphane Travert promet « dialogue et concertation »

Agriculture
 - Stéphane Travert promet « dialogue et concertation »
Passation de pouvoir entre Jacques Mézard (à droite) et Stéphane Travert tout juste nommé ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation. © C. Faimali / GFA

Après une brève cérémonie de passation avec Jacques Mézard ce jeudi 22 juin 2017, le nouveau ministre de l’Agriculture doit s’atteler aux chantiers déjà engagés par son prédécesseur.

« Telle est la vie du ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, cher Stéphane : chaque jour amène les surprises du jour. Et tous les matins, tu regarderas le ciel en te demandant s’il va faire vraiment très chaud ou s’il va pleuvoir… » C’est ainsi que Jacques Mézard, ministre éclair de l’Agriculture, a accueilli le 22 juin 2017 son successeur, Stéphane Travert, grand gaillard de 47 ans, après la nomination de ce dernier la veille dans le gouvernement Edouard Philipe 2.

Le Cantalien Mézard n’aura passé que 30 jours rue de Varenne, avant de filer quelques dizaines de mètres plus loin au ministère de la Cohésion et du Territoire. Un peu court pour jouer les aguerris, mais qu’importe. La référence climatique a été reçue avec humour par le nouveau maître des lieux : « Je viens d’un département, la Manche, où l’on regarde plusieurs fois par jour le temps qu’il fait ! »

Un calendrier Pac à tenir

Au-delà de la boutade, le Normand, ancien frondeur au PS et macroniste de la première heure, débarque dans ce ministère avec de lourds chantiers déjà engagés et de fortes attentes de la profession. Sur le lancement des États-généraux de l’alimentation au début de juillet, bien sûr ! Mais aussi et surtout pour la mise en œuvre du calendrier de paiement des aides Pac en retard, que son prédécesseur a laché juste avant de quitter les lieux.

« Tu vas hériter de ce calendrier, lui a lancé Jacques Mézard sur le perron du ministère. Je sais que tu feras en sorte qu’il soit tenu car nos agriculteurs voulaient un message clair sur les délais de paiement, qui sont des délais maximums. » Et de préciser que des fonds avaient même été fléchés pour des embauches dans l’Administration, afin que les engagements soient tenus. « C’était indispensable ! »

« Une agriculture qui innove et qui investit »

Face à ces défis, Stéphane Travert, parfois décrit comme un « taiseux », a exprimé « une grande fierté d’arriver dans ce ministère » et s’est dit honoré de porter « une agriculture forte, qui innove, qui investit », ainsi qu’un « modèle agricole que nous devons sans cesse renouveler ».

Solide au micro devant un parterre où se mêlent journalistes et personnel administratif, il assure : « Ce ministère sera un ministère de dialogue, de concertation, d’entente. » Il vaut mieux : son expérience de député (depuis 2012) l’a jusqu’ici poussé à s’intéresser davantage aux affaires culturelles et à l’éducation qu’au monde paysan.

Il se décrit comme un « promoteur de la ruralité en action ». Et le chantier de la Pac ne semble pas l’effrayer : « J’ai le devoir de porter à l’international, au niveau européen, la chance de cette agriculture vivante. Nous allons nous mettre au travail. Je compte sur les agents de ce ministère pour nous épauler, nous préparer et faire en sorte que nous prenions chaque jour les bonnes décisions, celles qui feront que demain, notre agriculture sera plus performante et plus lisible. »

Stéphane Travert est par ailleurs membre titulaire du Conseil supérieur de l’énergie. Un terrain de discussion avec son homologue à la Transition énergétique, Nicolas Hulot ?

Derniers bons vœux de Mézard au nouveau ministre de l’Agriculture, qui allait se retrouver quelques minutes plus tard au premier conseil des ministres : « J’espère que le climat te sera favorable, car il faut aussi dans la vie un peu de chance ! »

Alain Cardinaux
Réactions

La FNSEA met l’accent sur deux chantiers ouverts par le président de la République : les États-généraux de l’agriculture et la simplification. « Ce sont deux sujets majeurs car l’un peut nous permettre de retrouver du revenu dans un meilleur partage de la valeur ajoutée, l’autre peut nous aider à faire mieux notre métier sans des contraintes administratives d’un autre âge. »

De son côté, la Coordination rurale met en avant « la nécessité de retrouver très rapidement des prix rémunérateurs à la production ». Souhaitant voir Jacques Travert « tourner le dos au système cogestionnaire », le syndicat espère qu’avec ses origines, la Manche, le ministre « saura également rompre avec la logique ultralibérale dans laquelle l’agriculture a été entraînée ».

Quant à la Confédération paysanne, elle prévient le nouveau ministre qu’il « va trouver un monde paysan en crise grave et durable. Le premier chantier sur les prix à la production doit aboutir à la réelle reconnaissance du droit au revenu des paysans (nes). » Et d’insister sur le versement rapide des aides Pac en retard, ou encore la remise à plat de « la logique des contrôles subis sur les fermes ».

Le Modef attend pour sa part, « un changement radical de la politique agricole en s’opposant fermement au libéralisme », défendant « l’agriculture familiale à taille humaine. Est-ce que le nouveau ministre s’opposera à la disparition des petits et moyens paysans, à défendre une agriculture de qualité, à favoriser une bonne occupation de tous les territoires en maintenant une activité en milieu rural ? »

De son côté, l’AGPB assure le ministre de son soutien « pour être force de propositions et travailler sur des dossiers d’importance dans les prochains mois parmi lesquels figurent les choix français en matière de notifications de la politique agricole commune (Pac), les États-généraux de l’alimentation et la définition des priorités du plan d’investissement annoncé par le président de la République. »

La Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) met les dossiers européens au premier plan, plaidant pour « une Europe conquérante » qui « nécessite plus d’Europe sociale, fiscale et environnementale pour que l’ensemble des pays qui la constitue progresse d’un même pas. Selon la CGB, une Europe conquérante passe également par plus de transparence entre les acteurs de la filière ».

La Fop, quant à elle, attend du ministre « un vrai projet agricole fédérateur qui s’appuie sur une vision européenne ambitieuse, un budget et une Pac renforcés, un plan protéines digne de ce nom, un soutien fort à la recherche et à l’innovation, des mécanismes novateurs en faveur de la résilience des exploitations, un appui affirmé aux biocarburants, un maintien des objectifs actuels d’incorporation et une affirmation sans ambages de l’importance de l’organisation des producteurs ».

La FGA-CFDT « demande à être reçue au plus vite par le nouveau ministre, pour échanger sur les dossiers sociaux qui concernent ces centaines de milliers de [salariés de la production agricole et de la transformation agroalimentaire, NDLR], comme la mise en œuvre du dispositif de pénibilité, la régionalisation des chambres d’agriculture et les orientations de la future Pac ».

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