Alors qu’elle dénonçait depuis plusieurs mois l’insuffisance du budget affecté à la bio, au regard des ambitions de développement affichées par le gouvernement, la Fnab a eu la confirmation de ce qu’elle redoutait. Après s’être totalement désengagé des aides au maintien de l’agriculture bio, l’État prévoit de réduire son soutien à la conversion. Comment ? En diminuant de cinq à trois ans la durée de l’accompagnement financier.

Enveloppes budgétaires réduites

« Hier, lors du grand débat sur la transition écologique à Gréoux-les-Bains, le président Emmanuel Macron a détaillé le soutien de l’État à la conversion en affirmant une réduction de cinq années à trois années. Cette position suit de quelques jours une interview du ministre de l’Agriculture avec l’AFP sur la même ligne », indique le réseau des producteurs bio.

« Depuis deux ans, nous répétons que les enveloppes ne sont pas suffisantes pour boucler la programmation européenne et payer les aides bio, le gouvernement se contente de nous ignorer alors que leur stratégie semble être de réduire les aides pour tenir dans les enveloppes », analyse Sylvie Corpart, membre du bureau Fnab.

Une politique « incohérente »

Pour la Fnab, « l’agriculture biologique est le seul label public contrôlé, plébiscité par les consommateurs, qui impose aux producteurs et productrices un tel niveau d’exigence environnementale avec l’interdiction de la chimie de synthèse et des OGM, la prise en compte du bien être animal et des cycles naturels ».

C’est pourquoi le marché ne peut pas se substituer au soutien de l’État, considère son président Guillaume Riou. Qui conclut : « On ne peut pas en même temps dénoncer le déficit commercial sur l’agriculture biologique et couper les ailes au développement de la filière. Au mieux tout cela est incohérent, au pire c’est irresponsable. »

B.L.