Après les syndicats agricoles, c’est au tour de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) et du Forébio (1) d’adresser ses revendications, le 24 mai 2022, au nouveau ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau. La profession du bio attend des réponses fortes et de vraies ambitions en faveur du développement de l’agriculture biologique.

Des ambitions à respecter

Les derniers chiffres de l’Agence bio font état de 9,5 % de la SAU française cultivée en bio en 2020. Si la France s’était fixée pour objectifs d’atteindre 15 % de sa SAU en bio en 2022 et 20 % d’aliments bio dans les cantines, force est de constater qu’elle a échoué.

La Fnab et le Forébio demandent une aide de 0,20 € par assiette pour contrer la hausse des prix alimentaires ainsi qu’une prime aux collectivités de 0,30 € par repas et par an, pour former le personnel de cuisine et équiper les restaurants. Le non-respect de ces 20 % d’aliments bio dans les cantines aurait provoqué, selon la Fnab, la crise du lait bio en 2021.

D’ailleurs, la Fnab réitère son appel à l’aide pour soutenir les producteurs impactés par la baisse de consommation en produits bio et demande un plan de résilience réservé aux filières biologiques.

Un écorégime à 145 €/ha dans la prochaine Pac

La Fnab rappelle aussi que la Commission européenne a soulevé le risque de déconversion des fermes bio, consécutif à la suppression de l’aide au maintien prévue dans le PSN. La Commission aurait relevé également que les soutiens publics au bio et au label Haute valeur environnementale (HVE) seront du même niveau, alors que ce dernier serait « beaucoup moins contraignant ». Pour « redonner à la bio sa place au sein de la prochaine Pac », la Fnab demande une aide de 145 €/ha/an dans l’écorégime.

Le 23 mai dernier, c’était la plateforme Pour une autre Pac qui interpellait le nouveau ministre au sujet du PSN : « La révision du PSN est obligatoire, rappelle le collectif. Elle constitue également une occasion incontournable, pour Marc Fesneau, d’aller au-delà du minimum fixé par le règlement européen et de mettre en œuvre la planification écologique promise par Emmanuel Macron. »

Alessandra Gambarini

(1) Fédération des organisations économiques 100 % bio.