Le gouvernement, qui revendique une augmentation de 62 % de l’enveloppe par rapport au précédent plan Ambition bio, espère faire passer de 6,5 à 15 % les terres cultivées en bio d’ici à la fin du quinquennat.

Des financements publics

Cette enveloppe de 1,1 milliard de financements publics exclusivement consacrés à la conversion se compose de 630 millions d’euros d’aides européennes, de 200 millions de cofinancement de l’État, complétés d’autres financements publics, en provenance principalement des agences de l’eau.

« Traditionnellement, les agences de l’eau font aussi du financement de l’agriculture biologique », indique à Sophie Delaporte, directrice de cabinet du ministre de l’Agriculture Stéphane Travert. Elle évalue entre 170 et 200 millions d’euros les financements que ces dernières pourraient apporter.

En fin d’après-midi, le ministère a confirmé l’objectif gouvernemental de 15 % de surface agricole utile en agriculture biologique ou en cours de conversion à horizon 2022. Avec à la clé la mobilisation d’une enveloppe de 1,1 milliard d’euros dur la période 2018-2022. Le ministère confirme la mobilisation de 3 « leviers financiers » :

  • 630 millions d’euros de fonds Feader (deuxième pilier) et 200 millions d’euros de crédits d’État, auxquels s’ajouteront les autres financements publics ;
  • Le doublement du fonds de structuration « avenir bio » géré par l’Agence bio, porté progressivement de 4 à 8 M€ par an ;
  • La prolongation du crédit d’impôt bio, revalorisé de 2 500 à 3 500 €, sur la période de programmation budgétaire 2018-2020.

La concertation sur le nouveau programme sera lancée dans les prochains jours. L’objectif du ministère est de présenter le programme Ambition Bio 2022 à l’occasion du printemps de la bio, la première quinzaine de juin.

Satisfaction

La Fnab, Fédération nationale de l’agriculture biologique, salue l’annonce de cette enveloppe budgétaire sur cinq ans. « Il ne reste aujourd’hui que 65 millions d’euros de fonds public, tous financeurs confondus, pour financer la bio jusqu’en 2020. Nous ne pouvons donc que nous réjouir de ces annonces que nous appelions de nos vœux depuis maintenant un an et qui sont à la hauteur des enjeux de développement de l’agriculture biologique », estime Stéphanie Pageot, sa présidente.

La Fnab s’interroge toutefois sur l’origine de ces fonds. « Ce montant de 630 millions d’euros correspond au montant du transfert effectué en juillet dernier entre le pilier 1 et le pilier 2 de la Pac. Nous voulons donc savoir si c’est bien cet argent qui sera attribué en totalité à la bio ou si l’État pense effectuer un second transfert pour financer ce soutien », s’interroge Stéphanie Pageot.

AFP