ll est temps de négocier « très sérieusement » un accord commercial avec l’Union européenne, a estimé ce lundi 10 février 2020 le président américain Donald Trump alors que les discussions patinent, se heurtant notamment au dossier agricole. L’Europe nous traite très mal », a-t-il poursuivi devant des gouverneurs réunis à la Maison Blanche, déplorant un « énorme déficit » avec Bruxelles « au cours des 10 ou 12 dernières années » et des « barrières douanières incroyables ».

Menaces de taxer les importations de voitures européennes

Le président républicain exhorte les pays membres de l’Union européenne à ouvrir davantage leur marché aux produits américains, notamment agricoles. Donald Trump et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avaient annoncé à la fin de janvier, après une rencontre à Davos (Suisse), leur volonté de relancer le chantier commercial transatlantique et de conclure un accord dans les prochaines semaines.

Pour l’heure, les négociations n’ont pas abouti et les relations restent tendues alors que l’hôte de la Maison Blanche brandit toujours la menace de taxer les importations de voitures européennes, qui fait trembler en particulier les industriels allemands. En janvier, il avait averti qu’il « réfléchirait très sérieusement » à cette éventualité si jamais les discussions en vue d’un accord commercial transatlantique ne devaient mener nulle part.

Apaiser les tensions

Le 10 février 2020, Donald Trump a souligné qu’il n’avait pas poussé le dossier européen car il était concentré à l’obtention d’un accord avec la Chine, le Japon et la Corée du Sud. « Je ne voulais pas tout faire en même temps », a-t-il argué. Depuis le début de l’année, le commissaire européen au Commerce, l’Irlandais Phil Hogan, s’est de son côté déjà rendu deux fois à Washington pour rencontrer son homologue américain Robert Lighthizer et tenter d’apaiser les frictions.

Signature d’une « déclaration politique »

Ursula von des Leyen doit se rendre elle aussi à Washington prochainement, une rencontre qui pourrait aboutir à la signature d’une sorte de « déclaration politique », à l’image de celle conclue en juillet 2018 entre Donald Trump et l’ancien président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Les deux hommes avaient alors promis de négocier deux accords : l’un destiné à abolir les droits de douane sur les biens industriels, l’autre à éliminer certains obstacles non-tarifaires au commerce via une coopération réglementaire.

B.Q., avec l’AFP