Le ministre de l’Agriculture s’est entretenu avec les interprofessions du cidre le mardi 12 mai 2020 après leur communiqué du 29 avril 2020 dans laquelle la filière cidricole demandait d’urgence un plan de soutien fort au gouvernement. Il leur a fait part des mesures envisagées pour soutenir la filière cidricole en France.

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Réduction de 50 % des charges patronales

« Avec la fermeture des restaurants, principaux clients du cidre, notre filière est en danger. Il est probable que beaucoup d’indépendants ne s’en relèvent pas », explique Morgan Berthelot, coprésidente du Syndicat des cidriers indépendants de France (CIF). Le syndicat salue la réduction de cotisations patronales proposée par le ministre qui permettra à un certain nombre d’entreprises restées en activité de garder le cap. En effet, les cidriers seront exonérés de 50 % des charges patronales pendant la durée de fermeture des restaurants. Ceux qui avaient mis leurs salariés en activité partielle ne pourront pas profiter de cet avantage. L’idée reste positive, mais les modalités précises restent à clarifier. Selon l’Union Nationale Interprofessionnelle Cidricole (UNICID), à elle seule, elle n’apportera pas de réponse satisfaisante à toutes les situations. D’autres mesures de soutien aux entreprises sont demandées, notamment la prolongation des aides du fonds de solidarité (1500 €/mois pour les petites entreprises ayant perdu 50 % de leur chiffre d’affaires ou plus) et du chômage partiel.

Selon la coprésidente du CIF, « la France s’en remet à l’Union européenne pour soutenir notre filière. » Mais elle estime que la production française est une production typique avec des problématiques et des enjeux différents des autres producteurs européens. « C’est donc à la France que nous demandons de protéger ce fleuron national en proposant des mesures adaptées aux spécificités de notre filière française. »

La distillation en question

Alors qu’une grosse récolte de pommes s’annonce et que les cuves des cidriers sont encore pleines, la filière demande que des volumes de pommes et de cidre soient retirés du marché. « L’idée, c’est de vider les cuves. » La technique utilisée pour cela est la distillation du cidre en éthanol pour produire du gel hydroalcoolique, entre autres.

Cependant, l’alcool de pomme n’est pas compétitif par rapport à celui fabriqué à partir de betteraves. Une demande de subvention a donc été faite. « Nous voudrions distiller 200 millions d’hectolitres », explique Morgan Berthelot. À 60 centimes le litre, cela représente 12 millions d’euros. « Notre demande n’a pas encore été accordée » déplore-t-elle, en précisant que la fillière du vin a obtenu 240 millions. Cependant, la subvention n’est possible qu’avec l’accord de l’Union européenne. Il est donc primordial que le Gouvernement français obtienne rapidement de la Commission européenne l’activation des articles 219 et 221 de l’OCM pour le déclenchement de ces mesures de retrait, et qu’il mobilise les budgets nécessaires à l’indemnisation des producteurs.

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Dans quinze jours, la filière cidricole s’est vue accorder un nouveau rendez-vous avec le ministre pour parler à nouveau de cette mesure.

Renaud d’Hardivilliers